‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 203 sur 315 · LA FRANCE ET LES PAYS-BAS · texte numérisé non relu

LA FRANCE ET LES PAYS-BAS

Pape ne songeait qua organiser la campagne contre les Infidèles- Les princes protestants semblaient tout disposés à servir Iesdesseins de la France, cr L'Allemagne, qui nous a jadis battus, nous tend aujourd'hui la main et nous propose une alliance qui, d'une part, retire des forces aux Espagnols, et de l'autre double les nôtres. » « La guerre est une nécessite" pour la France,» dit Duplessis-Mornay au conseil du roi;« il faut vider tant de sang corrompu et superflu qui pourrait créer quelque nouvelle maladie au corps de voire état, il faut en saigner, ou pour le moins en esventer la veine, entreprendre, dis-je, une guerre *. » « Déclarez la guerre à l'Espagne, » dit Colignyau roi d'un ton menaçant, « ou bien nous serons contraints de la déclarer à votre Majesté2. » Charles IX se laissa entraîner. On mit promptement les choses en mouvement; « à toute heure, on expédiait des ordres pour la cavalerie et l'infanterie 3. »

Catherine de Médicis trouvait la situation grossede périls et n'eût voulu soutenir Orange que dans le cas où l'Angleterre et les princes allemands se fussent mis de la partie.

Dans l'entrevue de Cassel (juin 1572), Auguste de Saxo, Jean-Casimir au nom de son pére, l'Electeur Frédéric et Guillaume de Hesse s'engagèrent à mettre en cas de nécessité 3.000 reîtres à la disposition du roi do France, et à supporter les frais de l'expédition jusqu'à la frontière. Schömberg fut envoyé aux princes allemands muni d'une instruction du roi datée du 10 août*; de nouvelles négociations furent aussi entamées avec l'Angleterre.

Cependant Coligny, impatient de voir marcher les événements, n'hésita pas à déclarer à la reine Catherine qu'il commencerait la campagne sans attendre ses ordres. Il dit au conseil royal qu'il avait promis au prince d'Orange « tout secours et toute faveur, qu'il allait être obligé de sauver son honneur avec l'aide de ses amis, de ses parents et de ses serviteurs, et que, s'il le fallait, il irait lui-même au secours du prince d'Orange 5. Le 11 août, Guillaume d'Orange écrivait à son frère qu'au dire de Coligny on avait équipé pour lui environ 12.000 arquebusiers et 3.000 chevaux, et qu'il comptait prendre sans tarder le commandement de ces troupes6; que Catherine de Médicis semblait avoir perdu toute influence sur le roi7 que

1 Baumgarten, pp. 204-206. Kervyn de Lettenhove, t. II, p. 497.

* Du Plessy-Mornay, t. II, pp. 20-37.

* Kervyn de Lettenhove, t. II, p. 505.

* Rapport de l'ambassadeur vénitien Giovanni Michiele dans Albert, Srr. I, vol. IV, pp. 283 et suiv.

s Kervyn dk Letten hove, t. If, p. 51 i.

* Voy. Uacmoartkn, pp. 211-220.

1 Groenvan Prinsterer, t. III, p. 490.

Page 1