‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 204 sur 315 · EFPET PRODUIT EN ALLEMAGNE PA* LA SAINT -BARTHÉLÉMY · texte numérisé non relu

EFPET PRODUIT EN ALLEMAGNE PA* LA SAINT -BARTHÉLÉMY

Goligny gouvernait entièrement, et que déjà il était question de renvoyer la reine à Florence avec le duc d'Anjou, l'ennemi déclaré de l'amiral *.

Le 18 août, le mariage de Marguerite de Valois avec Henri de Navarre fut célébré. « Les Huguenots méditent un grand coup, » écrivait l'ambassadeur florentin ;« quand les fêtes du mariage seront terminées, la plupart se retireront et penseront à leurs intérêts dans le cas où le roi ne changerait pas d'opinion : on tient pour certain qu'ils sont tous parfaitement préparés pour la campagne de Flandre.» On armait dans presque toutes les provinces. 40.000 hommes environ n'attendaient qu'un ordre de Coligny.

Pendant ce temps, Catherine et le duc d'Anjou formaient le projet de se débarrasser de l'amiral en rejetant la responsabilité du crime sur les Guisesetsur le ducd'Albe.Le 22 août, un coup d'arquebuse, parti d'une fenêtre du Louvre, atteignit Coligny, sans toutefois le blesser mortellement. Huit cents Protestants, le prince de Condé à leur tête, allèrent demander justice au roi. Le 23, les Huguenots exaspérés parlaient d'envahir le Louvre, de massacrer la famille royale et de proclamer roi Henri de Navarre.

La surexcitation générale des esprits produisit l'horrible carnage de la Saint-Barthélemy. Le massacre des Huguenots fut résolu moins pour des motifs de religion que parce qu'ils étaient le parti de la conspiration politique et militaire.

Dans les provinces comme à Paris, la persécution des Calvinistes, ordonnée par la reine athée Catherine do Médicis eut un caractère essentiellement politique 2.

Les horreurs de la Saint-Barthélemy interrompirent pendant un certain temps les relations delà couronne de France avec les princes protestants. A dater de cejour, Auguste de Saxe ne voulut plusavoir rien de commun avec la France; il se détacha aussi de Guillaume d'Orange. « Si nous sommes sincères, » écrivait-il le 10 octobre 1572 à l'Electeur palatin, « nous avouerons qu'il nous a toujours été nuisible de faire cause commune avec les protestants de l'étranger. »Auguste n'approuvait pas davantage les ligues particulières entre les membres protestants du Saint-Empire. « En Aile-

» Kervyn de Lettenhove, t. II, p. 518.

* Pour plus de détails, voy. Kervyn de Lettenhove, t. II, pp. 5ÎI-598. Baumgarten, pp. 2*4-237.

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