LE PALATIN AT, LA FRANCE ET LES PAYS-BAS
mède; il confisquerait les biens du clergé, et le Grand Turc, dans l'espoir de porter un coup décisif à 1 Espagne, lui prêterait volontiers 300.000 couronnes tous les ans 4. Louis de Nassau réussit aussi à attacher la cour palatine aux intérêts de son frère Guillaume. Au mois de mai, un plan de campagne semblait avoir été arrêté entre lui et Frédéric ; mais il n'aboutit point 2. Le conseiller palatin Zuleger proposait un nouveau morcellement des Pays-Bas. 11 conseillait à Orange de céder à la reine Elisabeth les provinces de Zélande et de Hollande. « De cette manière, » lui disait-il, <r la reine dominerait entièrement la mer et, grâce à l'argent anglais, l'un des fils de Votre Grâce pourrait à volonté conduire des troupes au prince d'Orange3.»
Mais Schömberg avait à s'acquitter d'une missùon plus importante auprès des princes protestants.
Il confia au comte Louis que Charles IX, bien qu'en sa qualité de gendre de l'Empereur l'élévation de la maison d'Autriche « lui fût très avantageuse », verrait avec plaisir, « dans l'intérêt général, » un protestant élevé à l'Empire. Par là, dit-il, non seulement la liberté de l'élection serait obtenue, mais encore toutes sortes d'embarras, depuis longtemps inquiétants, seraient écartés. La maison .d'Autriche avait la folle présomption de croire que l'Empire lui appartenait non par droit électif, mais par droit héréditaire. Si cette fois encore les princes protestants souffraient qu'un papiste fût élu, ils s'exposeraient à do grands périls, peutêtre à être attaqués au moment où ils s'y attendraient le moins. Outre cela, les finances de la maison d'Autriche étaient tellement épuisées que, sans les contributions de l'Empire, il lui eût été presque impossible de maintenir le rang suprême avec quelque dignité. Dès à présent, les membres d'Empire, dans l'extrême pénurie où se trouvait la nation, ne pouvaient presque plus suffire aux charges qu'on leur imposait, et si le roi romain était de nouveau choisi dans la maison d'Autriche, les impôts deviendraient encore plus exorbitants, on les augmenterait arbitrairement, on les exigerait avec plus de rigueur. Pour tous ces motifs, le roi de France était disposé à favoriser l'élection d'un prince protestant. Non seulement il offrait ses servicesavec empressement, mais il s'engageait à fournir au prétendant des sommes importantes 4. »
1 Kervyn »e Lettenhove, t. III, pp. 211-220.
* v. Uezold, t. I, pp. 1U4-I08.
* Groen van Prinsterer, Sappl., 133*.
4 «...Ces propositions furent faites aux princes, » écrit Schömberg au comte tic Metz, « pour leur faire couler dans le cœur quelque bonne opinion de notre sincère bonne volonté à leur endroit; car cela donnera un honnèlo prétexte à nos amis de nous pouvoir mettre sur les rangs, comme ils sont délibérez de faire, étant tout