‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 209 sur 315 · PROJETS DR SÉCULARISATION. 1Ö · texte numérisé non relu

PROJETS DR SÉCULARISATION. 1Ö

nait surtout les plus grands éloges à Guillaume de Hesse. « Celuilà, » écrivait-il au duc d'Anjou, « a vraiment la fleur de lys plantée au cœur. C'est l'ennemi de tous nos ennemis *. »

Depuis longtemps on se flattait en France que, par l'acquisition de la Pologne, on parviendrait à la couronne impériale, et par là à une monarchie française européenne. « Il nous faut la Pologne à tout prix, » répétait Shomberg avant l'élection d'Henri d'Anjou, « c'est le marche-pied qui nous fera monter plus haut. » « La France et la Pologne, » écrivait Montluc, « pourront, alliées aux Turcs, tenir en échec le reste de l'Europe. L'Empereur mort, la couronne romaine doit écheoir au frère du roi d'Anjou qui s'unira par mariage à quelque puissant prince d'Empire sans avoir égard à la religion. Toutes les prophéties ont annoncé un nouveau Charlemagne à la maison de France. »

L'Electeur Frédéric et son' fils Jean-Casimir entraient dans tous les plans de Schömberg touchant l'alliance française et la prochaine élection impériale; déjà les Palatins combinaient une sorte de capitulation en faveur de la dynastie étrangère2.

A cette même date, Louis et Jean de Nassau organisaient uneligue entre les comtes et seigneurs calvinistes du Rhin pour la sécula-. risation des évcchés rhénans 3. Frédéric se proposait d'en prendre la direction et de choisir pour lieutenants généraux ses deux fils Jean-Casimir et Christophe. « Notre ligue réussit à merveille, » écrivaient Louiset Jean à leur frère le prince d'Orange le 22 octobre 1573; « non seulement des comtes, mais des Electeurs, des princes, des cités, des gentilshommes, le roi de France lui-même et son frère le roi de Pologne, ainsi qu'unj'grand nombre de nos coreligionnaires polonais, sont des nôtres *. » Frédéric espérait annexer au moins l'évêché de Worms 5 à ses états ; l'évcque de Spire, disaiton, « avait déjà trouvé une femme » ; l'archevêque de Mayence, Daniel de Brendel, passait pour être favorable aux Protestants-, pour

1 Voy. Groes van Prinsterer, t. IV, p. 54*.

1 v. Brzold, 1. 1, pp. 111-115. Voy. p. 85, noie 3, et p. 119, note 1. Groen van Prinsterer fait un mérite au prince d'Orange d'avoir voulu ôter la couronne impériale de la maison de Habsbourg pour la transférer à la maison de Valois. Guillaume, selon lui, voulait affranchir la Chrétienté du despotisme religieux et politique de la maison de Habsbourg. Archives, t. VIII, XLII.

3 v. Bezoi.d, t. I, pp. 110, 129. La Huguerye dit au sujet de c la ligue des comtes » (Lossen, Kölnischer Kriej,i. I, p. 213, note) : « Afin d'assurer et nouer la négociation, led. sr électeur les assura d'estre leur chef et de leur donner au besoin g ses deux fils, Casimir et Christofie, pour ses lieutenants généraux aux armées. Et fut ainsi l'affaire résolu et tenu pour faict, et toutes leurs promesses et signatures mises en main ded. s' électeur.» Mémoires, t. I, pp. 166-167.

* Groen van Prinsterer, t. IV, p. 2S4.

» v. Bezold, t. I, p. 442, n- 293.

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