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LE PALATINAT ET LES PAYS-BAS

à prêter quelque argent, bien qu'en secret et de troisième main. On venait de lui demander de faire déposer en un lieu sûr deux ou trois cent mille couronnes ; on était en négociation avec l'archevêque Salentin qu'on espérait retirer du parti du duc d'Albe, en obtenant pour lui une pension de la France. L'Electeur de Mayence avait aussi promis aux comtes de Nassau de soutenir leur cause et d'abandonner, pour les servir, la Majesté Impériale. Gomme d'autre part l'alliance avec l'Ecosse était en bonne voie, on était encouragé de tous côtés, « à mettre la main à la charrue 1 ». En décembre, Louis de Nassau écrivait à Orange que l'Electeur palatin avait tenté de se saisir de la personne du stathouder nouvellement élu en route pour son gouvernement 2.

« Trahissant l'Empereur, »et malgré tous les avertissements qu'on put lui donner, le fils de Frédéric, Christophe, commença à lever ostensiblement cavaliers et fantassins pour l'expédition des Pays- Bas. L'Electeur feignit longtemps d'ignorer les projets de son Iiis.» « 11 nous semble étrange, » lui écrivait l'Empereur le 26 février, « que les fils de Ta Grâce, tantôt celui-ci, tantôt celui-là, bien que la plupart du temps ils soient à ta cour ou tout près de là, aillent et viennent, voyagent sans cesse et se mêlent d'affaires qui, non seulement vont droit à rencontre de nos lois et constitutions, mais encore troublent et blessent beaucoup de paisibles membres d'Empire. Comment ces choses peuvent-elles être ignorées de Ta Grâce? » L'Empereur ajoutait que, si l'autorité paternelle ne suffisait pas à empêcher de pareils actes, l'Electeur, comme chef de cercle, avait toute facilité de barrer le chemin à ses fils 3. « Si les Allemands ne se mêlaient pas des affaires de Flandre, » écrivait Jean de Hoja, évêque de Munster, au landgrave Guillaume, « la paix se ferait indubitablement d'elle-même. Déjà la Flandre, le Brabant, le Hainaut et d'autres provinces du roi se sont soumises à son autorité et sont en paix avec lui. Les Hollandais et les Zélandais, s'ils voulaient en faire autant, s'en trouveraient aussi bien que leurs voisins. Tant que cet apaisement ne sera pas fait, une longue guerre est à craindre et si d'autres souverains étrangers viennent se joindre à l'Espagne, l'Empire pourra subir de tels revers que nos arrièrepetits-tils auront encore à les déplorer 4.

Christophe ne renonça pas à son expédition, mais elle eut une issue fatale. Le 14 avril 1574, l'armée allemande fut presque entiè-

1 Groen van Prinsterer, t. IV, pp. 127* 131*. 1 Groen van Prinsterer, t. IV, p. 278. ' Kluckhohn, Briefe, t. II, pp. 630-631. * Grosn van Prinsterer, t. IV, p. 350.

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