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CONTRE LA POLITIQUE PALATINE-FRANÇAISE

rement détruite près de Mocken. Christophe et les comtes Louis et Henri de Nassau périrent dans le combat

Peu de jours auparavant, Charles IX avait promis à l'Electeur Frédéric d'envoyer à Christophe des secours en argent. La mort du roi (30 mai 1574), changea la face des choses 2. En France, de nouvelles séditions éclatt-rent, et Jean-Casimir chercha à les exploiter à son profit. Le 1er juin 1574, il conclut un traité avec le prince de Condé. Les chefs du parti huguenot lui offraient des sommes considérables, et de plus la séduisante perspective des Trois- Evêchés. Il fut convenu qu'il prendrait le commandement des troupes auxiliaires allemandes et que, dans le cas où le comte palatin ou d'autres membres de la Confession d'Augsbourg seraient attaqués pendantla campagne, les troupes françaises voleraient à son secours sans môme attendre l'arrivée de l'armée royale3. Les traités, comme l'Empereur le fit remarquer à l'Electeur Frédéric, étaient expressément dirigés contre les membres d'Empire catholiques 4. La guerre ne devait se terminer qu'après la conquête des Trois-Evêchés. De plus, après cette conquête, les alliés français s'engageaient à la protéger contre tous ceux qui chercheraient à la ravir soit à Casimir soit à ses héritiers 3.

À la cour impériale, les intrigues palatines amassaient des rancunes amères. Le conseiller Erstenberger écrivait le 22 mai 1574 au duc de Bavière : « Daigne le Tout-Puissant nous accorder sa grâce et son secours et mettre fin à ces malheureuses cabales, si funestes à notre patrie ! Puissentleursauteurs avoir bientôt la récompense qu'ils méritent ! Voilà les heureux fruits de la sanglante religion de Calvin ! Elle se répand comme un ulcère parmi les peuples, puis elle attire d'irréparables malheurs sur les souverains et les sujets 6. »

Auguste de Saxe qui, à plusieurs reprises, avait fourni des secours à Frédéric et à son gendre Jean Casimir, se dégagea enfin entièrement de toute amitié et alliance avec les Palatins et répudia avec une énergique fermeté leur politique déloyale. « Si en ma

1 Gaciiard, Corresp. Philipe II, t. III, pp. 51-53.

1 Biaise de Montluc dit au sujet de Charles IX dans ses Commentaires : « J'oserais dire que s'il cust vescu, il eut fait de grandes choses, et aux despens de ses voisins cust jette la guerre de son royaume; et si le roy de Pologne (plus tard Henri III) eust voulu s'entendre avec luy, et mettre sus les grandes forces qu'il pouvait tirer de son royaume, tout leur eust obey, et l'Empire eust été remis en la maison de France ». Collection, XXII, p. 549,

1 Kluckiiohn, Briefe, t. II, pp. 719-720.

1 Kluckhohn, 1. 11, p. 719, et v. Bezold, t. I, p. 146, note 1.

s Kluckhohn, Briefe, t. 11, pp. 720-721.

• Kluckhohn, Friedrich der Fromme, p. 475, note 12.

CONThE LA POLITIQUE FRANÇAISE. 1574.

qualité d'Electeur du Saint-Empire, » écrivait-il à l'Empereur le 9 septembre 1574, « ou me demandait conseil à ce sujet, je ne pour rais répondre autre chose sinon que s'unir aux palatins, c'est agir contre les constitutions de l'Empire et fouler aux pieds ses lois. Quant à moi, je me sens plus obligé par le serment que j'ai prêté au Saint-Empire que par les liens qui m'attachentà ma propre famille1. »

Auguste était depuis quelque temps l'ennemi acharné du Calvinisme; cette haine lui avait été inspirée par des événements qui demandent à être exposés avec quelque détail, parce qu'ils furent cause de grands revirements dans les affaires religieuses de la Saxe, et qu'ils exercèrent une influence décisive sur le développement du Protestantisme allemand.

Mais pour mieux les comprendre, il est nécessaire que nous disions quelque chose de la situation religieuse du Palatinat depuis la diète d'Augsbourg de 1566.

1 Kluckhoiin, Briefe, t. II, p. 722.

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