CHAPITRE VU
le calvinisme dans l'électorat palatin depuis la diète
d'augsbourg de 1566.
Catholiques et Luthériens s'étaient flattés que la paix d'Augsbourg « détruirait entièrement dans le Palalinat la secte empoisonnée de Calvin : » ce fut le contraire qui arriva. Le Calvinisme s'y propagea dans un grand nombre de villes et de territoires; « de telle sorte, » disait avec douleur Tilmann Hessus, « qu'il est à craindre que l'Allemagne n'en soit bientôt entièrement infectée, et que la doctrine sans tache et seule capable de sauver les âmes du saint docteur Luther ne soit complètement étouffée dans ce pays ». La seule consolation d'Hessus, c'était de se dire que l'Electeur Palatin trouverait une forte résistance et, si Dieu le voulait, une résistance invincible, dans son propre pays, dans l'âme vaillante de son peuple, dans le dévouement de tous, prédicants, seigneurs et simples sujets, à la religion seule orthodoxe. « Plaise. à Dieu, » écrivait-il, « qu'ils ne plient jamais le genou devant le Calvinisme blasphémateur, cette exécrable invention du démon, et que jamais ils ne s'attachent au Baal de Calvin ni à la race de vipères qu'il a engendrée 1 ! »
Les membres luthériens de la diète du Haut-Palatinat s'opposèrent à toute innovation, et furent encouragés dans leur résistance par Louis, fils aîné de l'Electeur et gouverneur de la province, ils se plaignaient depuis longtemps de l'usage qui avait été fait des biens du clergé. Les biens immobiliers avaient été vendus à des prix dérisoires, les biens mobiliers étaient confisqués. On avait dépouillé les couvents de leurs précieux ouvrages d'orfèvrerie, et les monastères étaient dans un tel état de délabrement que la pluie et le vent y avaient libre accès et que, pour la plupart, ils étaient devenus
1 Cité dans : Warnung vor rebellischen Conspirationen unter dem Schein des Evangelii (1572) D».
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