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RÉSISTANCE DU HAUT-PAL ATINAT CONTRE LB CALVINISME

ne fera jamais rien contre la parole de Dieu, rien non plus contre la Confession ni contre ce qu'elle a établi. » Relativement aux autels et images qui subsistaient encore dans les églises luthériennes, le théologien Olevian dit que l'idolâtrie devait être abolie par la hache ou par le feu, et qu'il serait à souhaiter que « les idoles > fussent brûlées publiquement sur la place du marché. Un autre conseiller ne fut pas du même avis, jugeant plus prudent d'amonceler les débris des idoles dans une salle close, et d'y faire mettre le feu; un troisième dit que l'idolâtrie était restée collée au Protestantisme, qu'elle en devait être arrachée, parce qu'un peu do levain aigri gâtait toute la pâte; mais qu'il fallait premièrement convertir les cœurs au moyen de bonnes prédications, et qu'ensuite on balayerait les idoles, comme on l'avait déjà fait dans le Bas-Palatinat; expulser immédiatement les prédicants luthériens opposés aux nouveautés ne lui semblait pas opportun; dans le Haut-Palatinat, on aurait besoin de 350 ecclésiastiques, et, d'autre part, dans le Bas-Palatinat il n'y avait en tout que sept pasteurs orthodoxes. Si on congédiait tous les autres, le pays resterait sans guides. Un seul d'entre les conseillers dit que la question était grave, et que de fréquents changements dans la religion étaient chose dangereuse. Il ne fut pas écouté *.

Dès son arrivée ,à Arnberg, l'Electeur avait abandonné les principales églises de la ville à ses prédicantset fait choix, pour les emplois civils, de fonctionnaires calvinistes. Gomme les Etats s'en plaignaient, il répondit que quiconque n'était pas d'accord avec son seigneur au sujet de la religion était libre d'aller vivre où bon lui semblerait; qu'il n'était pas obligé de demander avis à tout le monde sur la manière de distribuer les charges et que, là non plus, il ne voulait pas avoir les mains liées; que la doctriue d'Heidelberg était conforme de tout point à la Confession d'Augsbourg. Dans une autre occasion il dit que « la Confession était fondée sur la Sainte Ecriture, mais qu'elle avait retenu beaucoup de doctrines d'idolâtrie ». Un colloque où les ministres calvinistes et ceux d'Amberg discutèrent longuement leurs opinions réciproques ne servit qu'à aigrir les esprits. Dans leurs prêches, les prédicants d'Amberg appelèrent leurs adversaires ce hérétiques impies, séducteurs des âmes, loups, docteurs du diable, sacramentaires fanatiques, profanateurs du Saint-Sacrement, briseurs d'images. » Frédéric effrayé interdit sévèrement de semblables invectives, et décréta « la suppression de l'idolâtrie. » Les surplis, les nappes de communion, l'exorcisme dans le baptême, les chants en latin, les cloches de Y Ave Maria,

i WlTTMANN, pp. 37-40.

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de l'agonie du Christ, des ténèbres de la si maine sainte, les images et les crucifix furent interdits comme « entachés d'idolâtrie ». On se demanda même un moment si les barbes des prédicants luthériens ne devraient pas être coupées?

Une lettre de l'Empereur vint rendre le courage aux membres de la diète. Maximilien les exhortait à fuir comme par le passé les erreurs de Calvin, surtout la doctrine de l'Eucharistie, tout en se montrant obéissants envers leur souverain dans toutes les questions civiles. Il se refusait à croire que leur seigneur voulût charger leur conscience en les forçant à violer le traité d'Augsbourg au mépris de la constitution ecclésiastique établie par son prédécesseur Otto Henri; si cependant l'Electeur allait jusque-là, l'Empereur leur conseillait de protester au nom de la paix de religion, qui avait fait une loi à tous les membres d'Empire de pratiquer soit l'ancien culte, soit la religion de Luther, à l'exclusion de toute autre opinion ou secte1. L'Electeur fut extrêmement irrité de cette intervention dans ses affaires. Il fit dire au messager de Maximilien de s'en retourner au plus tôt vers son maître, et se plaignit à Vienne du procédé employé envers lui. Jusque-là, écrivit-il à l'Empereur, personne n'avait pu le convaincre d'hérésie ou d'erreur de doctrine; il était étonné que l'Empereur eût parlé du règlement ecclésiastique d'Otto Henri, puisque dans l'appendice de ce règlement, à l'endroit où il était parlé d'additions ou de retranchements possibles, le prince n'avait pas obligé ses descendants à suivre à la lettre ce qu'il avait établi, et que de son vivant lui-même y avait ajouté beaucoup de choses *. Frédéric reprocha aux Etats d'avoir reçu la lettre impériale, qu'il trouvait malséante, et leur défendit de la manière la plus sévère d'y répondre de quelque manière que ce fût 3. Mais il ne put jamais « briser ces dures cervelles ». Les Etats lui déclarèrent que tous les changements qu'on avait opérés jusque-là av aient été faits contre leur volonté, et que, faisant usage du droit que leur reconnaissait la paix de religion, au pis aller, ils quitteraient le pays.

« Je voudrais que ton père et tous ses faux prophètes fussent loin d'ici, » écrivait le 20 décembro 1566 la comtesse luthérienne Dorothée, veuve de Frédéric II, à Suzanne, fille de l'Electeur actuel ; « je voudrais ôter toute cette affaire de mon esprit; mais on souffre tant autour de moi que la chose est presque impossible. Au sujet de la religion, rien n'a encore été obtenu; les nôtres conservent leur

i Wittmahn, pp. 40-53.

» KLuçKiiouîf, Briefe, 1. 1, pp. 7û6, 717-7i9.

» Kluckhohk, Friedrich der Fromme, p. 275.

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