RÉSISTANCE DU HAUT-PAL ATI NAT CONTRE LE CALVINISME
position, Dieu soit loué ! On a permis, il y a trois semaines, aux membres de la diète de retourner chez eux; avant de se séparer, ils ont déclaré à tQQ seigneur et prre qu'en fin de compte ils refusaient d'adopter sa foi, et protesteraient contre tout ce que leur ordonnerait Sa Grâce en matière de religion. Là-dessus, ton seigneur et père est entré dans une grande fureur; il les a tous fait charger de chaînes dans l'hôtellerie où ils habitent, et ils sont restés ainsi pendant trois ou quatre jours. Après cela, ils ont été mandés à la cour, et le chancelier leur a fait un très long chapitre, avec force menaces de les punir par le glaive ou autrement. On leur a imposé une forte amende qui doit être déposée le jour des rois. Pour toucher l'argent plus promptement, on traite en ce moment avec des marchands, des juifs et de gros banquiers. Où iront les proscrits? On l'ignore, le bruit court que ce sera à Bàle ; en somme ton seigneur et pèro s'y prend mal pour attacher à lui le cœur de ses sujets. Il les châtie, puis il s'en va, et les laisse dans leur détresse. Voilà ce que lui enseigne le Dieu auquel il croit, voilà ce que lui dicte sa conscience anti-chrétienne1 ! »
Aux premiers prêches des prédicants calvinistes, les assistants sortirent eu tumulte des églises en poussant de grands cris*. La présence de Frédéric protégea cependant les ministres dos insultes et des huées de la populace; mais quand l'un deux osa dire que les habitants d'Amberg n'auraient la paix que lorsque l'Electeur se serait décidé à faire tomber quelques tètes, le peuple commença à s'attrouperdans diversquartiers delà ville, et Frédéric eut beaucoup de peine à empêcher que l'on ne sonnât le tocsin 3. L'ordre répété de détruire et de briser les images excita l'indignation générale. Dans beaucoup de localités, les bourgmestres refusèrent d'obéir. La comtesse Dorothée écrivait le 18 mars 1507 à la duchesse Suzanne : « L'abbaye d'Amberg a été envahie; toutes sortes d'indignités et de sacrilèges y ont été commis; mais aussitôt après, un messager de l'Empereur s'est présenté et a invité l'Electeur à réfléchir à ce qui était arrivé à son gendre le duc Jean-Frédéric, disant qu'il se pourrait qu'un jour on en agît de même avec lui, car Maximilien ne laisserait pas impunies de telles indignités. Les conseillers de l'Electeur voulaient d'abord mettre l'ambassadeur aux fers, mais ensuite ils se ravisèrent, et firent cesser les pillages dans les églises. Les nouveaux prédicants ont aussi baissé le ton. Les charpentiers et les maçons avaient refusé de briser les autels et les images. Un seul,
1 Klcckhohx, Briefe, t. I, pp. 73S-74I .
* Le comle palatin Reichart à Christophe de Wurlcmherg, Kllckhoiix, Briefe, t. I, p. 7li.
» Wittmanx, p. 51. KLUcKHonv, Briefe, t. I, p. 927.