ANTAGONISME DES ÉLECTEURS DE SAXE ET DU PALATIN AT
lorsque Calais serait en la possession de la reine'. Elisabeth donna 150.000 couronnes « pour la bonne cause * ». A la même date, Guillaume d'Orange traitait avec Henri III; aussi Casimir lui reprochaitil de n'avoir aucun zèle réel pour la religion et de n'être guidé que par son ambition et par le souci de ses propres intérêts. En juillet 1575, Coudé reçut à Heidelberg, par l'entremise de l'Electeur, 50.000 couronnes avancées par Elisabeth pour exciter en France de nouveaux troubles, et Condé ne manqua pas de remercier chaudement la reine de l'appui qu'elle prêLait « à la sainte entreprise 3 ». Au mois d'avril, Henri 111 lit de larges concessions aux Huguenots. Toute liberté do pratiquer leur religion leur fut garantie, toutes les places conquises furent laissées en leur possession. Théodore de Bèze ayant posé en principe « que la libertédeconscience estuu dogme diabolique4», les Huguenots obtinrent que seuls le culte calviniste et la religion catholique seraient autorisés en France, et demandèrent le châtiment des sectaires. Henri accorda tout ce qu'on voulut. 11 promit même de« réformer l'Eglise catholique », et avilit tellement la dignité royale qu'il promit à la reine d'Angleterre de la prendre pour arbitre dans toutes les querelles qui pourraient survenir entre lui et ses sujets huguenots. Maisdesi grands avantages ne parurent pas encore suffisants aux Protestants. Ils exigèrent que Lyon, Metz et Amiens leur fussent abandonnées comme cités de refuge5. Jean- Casimir avait promis Calais aux Anglais, mais pour son propre compte il réclamait Metz, et là ne se bornait pas son ambition. Dans une convention signée au mois de septembre entre lui et Condé, « chef de l'Eglise réformée de France c, » il fut stipulé que le prince palatin mettrait en campagne 8.000 cavaliers, 8.000 Suisses et de l'artillerie, et qu'en revanche il serait élu gouverneur à vie des trois évêchés ; qu'il jouirait librement du temporel des trois villes sans aucune restriction, qu'il y introduirait la religion réformée, et qu'il en confierait la garde à des huguenots français7. « Les Trois Evêchés, » disait Jean-Casimir, « no peuvent être confiés qu'à moi seul, dans l'intérêt même de la maison palatine 8. »
Dans un contrat particulier, Condé et ses alliés s'engagèrent à assister l'Electeur Frédéric, en cas de nécessité, de leurs propres
1 Voy. plus haut, pp. 350-351.
* KeHVYN DE LtTTE.NIIOVE, t. III, p. 489.
a La Huguekye, t. I, pp. 292, 29i.
1 Kkiivyn de Lettkmiove, t. III, p. 53li.
1 Liberias conscientiarum iliabolieum domina.
" Kkhvyn i>k Lettenhove, t. III, pp. 490-492.
* Kt.ucKiioiiN. Briefe, t. U, pp. 919-921 ; et v.Bezold, t. I; pp. 164-105, note 2. » v. Bezold, t. I, p. 164.