CROISADE DE JEAN-CASIMIR POUR LA RUINE DE L AISTECUR1ST
personnes avec 6.000 hallebardiers et 2.000 cavaliers français; en revanche, Frédéric promit d'envoyer sans relard 6.000 cavaliers allemands sous la conduite de Jean-Casimir dans le cas où Condé et les siens auraient besoiu de renforts après la paix. Frédéric, selon son habitude, assurait pendant ce temps à l'Empereur qu'il était absolument étranger aux plans de son Iiis, et qu'il ne lui avait fourni ni argent ni secours d'aucun genro *.
Le 4 décembre 1575, Jean-Casimir commença la campagne. « Ah I madame et bien-aimée mère, » écrivait la comtesse Elisabeth à l'Electrice de Saxe, « c'est le propre père de mon seigneur qui est cause de ce que mon seigneur entreprend; car le vieux seigneur a été tellement endoctriné par ses prêtres qu'il est persuadé que dans l'avenir mon seigneur sera couronné roi. De ma vie je n'ai entendu chose plus extravagante. Ah! plût à Dieu qu'il voulût se contenter des états que Dieu lui a donnés! J'ai moimême oui dire par l'ancien sénéchal de la cour que tout l'argent qu'a monsieur son père il veut l'engager pour les guerres des Pays- Bas et pour la France, de sorte que si la guerre était portée dans le Palatinat, ou si quelque grand malheur fondait sur nous, il ne nous resterait rien. On a tant prévenu monsieur mon père contre tout ceci qu'il blâme fort cette expédition. Personne ne se soucie de l'Empereur. Il semble vraiment qu'on veuille le pousser à bout, ainsi que mon père. J'ai le coeur navré de touteeque j'entends dire ; mais quant à eux, ils semblent croire que personne n'a ledroit de les toucher. J'ai eu le courage de dire l'autre jourà mon seigneur qu'on finirait par irriter l'Empereur avec toutes ces bravades; je l'ai prié de réfléchir à l'affaire qu'il allait se mettre sur les bras. Mon seigneur m'a répondu que c'était l'ingratitude de l'Empereur qui l'avait exaspéré, et que ce qu'il avait eu la volonté de faire autrefois et n'avait pu exécuter, il voulait maintenant l'entreprendre et résister à l'Empereur une fois dans sa vie. Voilà les propos qu'ils tiennent sans cesse. Ils cherchent le malheur, et ils le rencontreront. Que Dieu nous vienne en aide 2 ! »
L'expédition de Jean Casimir débuta par des dévastations effroyables; même sur le sol allemand, en Lorraine, ses troupes ne se firent pas faute d'incendier et de piller, dans de Schweinichen,qui servait sous le duc Henri de Lieguitz, écrivait à ce propos : « Partout où ses soldats campaient pour une nuit, le prince faisait mettre le feu aux maisons, de sorte que, lorsqu'on se levait le matin, on voyait
1 Klockhoiw, Briefe» t. H. pp. 921-922, v. Bezold, t. I, p. 466. * Klugkuoh.n, Ehe Johann Casimir' s, pp. 122- 123.