‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 237 sur 315 · JUGEMENT PORTÉ PAR LES PROTESTANTS SUR LES EXERCICES · texte numérisé non relu

JUGEMENT PORTÉ PAR LES PROTESTANTS SUR LES EXERCICES

leurs passions les avaient précipités, et se sont acheminés vers un genre de vie meilleur. Des milliers d'âmes ont été retirées des flots amers et tumultueux de la lutte politique et religieuse de leur temps pour s'adonner à la prière fervente et aux soins de leur perfection. Tous, en un mot, ont été, grâce à eux, complètement régénérés, et fortifiés dans l'amour de leur Créateur et dans la charité envers leurs frères.

« C'est aux Exercices, auxquels beaucoup de gentilshommes allemands se sont soumis, » écrivait Faber parlant de son apostolat à Katisbonne, « qu'il faut presque entièrement attribuer tout le bien qui s'est fait en Allemagne {. » Le prieur des Carmes, Gerhard, parle en 1543 des conversions extraordinaires opérées par Faber à Mayence au moyen des Exercices Jajus nous raconte également leurs effets surprenants à Augsbourg 3. Ceux qu'on avait élevés pour la dispute y puisèrent l'esprit d'union, l'unité de vue particuliers aux disciples de saint Ignace ; des centaines de couvents revinrent à leur première ferveur et furent conduits à la vraie réforme évangélique. Le saint évêque de Genève, François de Sales, assurait que le livre des Exercices avait sauvé autant d'âmes qu'il contenait de lettres. « Aucun traité ne peut rivaliser avec les Exercices s'il s'agit de parvenir au véritable amendement de la vie, » disait le jurisconsulte viennois Thomas Scheible en 1564. « Tout homme qui en a fait l'expérience ne pourra s'empêcher de reconnaître qu'il a été donné, par une grâce toute particulière de Dieu, à notre temps riche en discordes, mais si pauvre en véritable vie chrétienne et intérieure *. »

Du côté protestant, on se faisait des Exercices la plus étrange idée.

Un calviniste qui se prétend catholique les appelle « un recueil d'artifices mystérieux et magiques, par lesquels les Jésuites, à certaines époques, se livrent à toutes sortes d'actes bizarres dans des cavernes souterraines, et dont ils reviennent blêmes et livides comme s'ils avaient lutté avec les esprits des ténèbres5 ». « Les Jésuites, » affirmait un prédicant calviniste, « se livrent à des pratiques étranges qu'ils nomment les Exercises. A l'offertoire, comme on nous l'assure, l'encens est unesorte de vapour, produite on ne sait comment, et dans laquelle les assistants s'imaginent voir le diable; alors ils

1 Memoriale, p. 19.

* Serarius, p. 844.

3 Boero. Jaio, pp. 243-244.

* Epistolx sélects, pp. 27-28.

* Prob der Jesuiter, p. 78.

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