‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 238 sur 315 · JUGEMENT PORTÉ PAR LES PROTESTANTS SUR LES EXERCICES · texte numérisé non relu

JUGEMENT PORTÉ PAR LES PROTESTANTS SUR LES EXERCICES

commencent à beugler comme des bœufs et ils sont forcés de renier le Christ pour se donner au démon »

En 1540, les Exercices donnèrent au nouvel institut un homme que Dieu destinait à devenir Tun des plus remarquables et influents réformateurs catholiques du seizième siècle : Pierre de Hund, appelé aussi Gauis, et plus tard Canisius, premier jésuite allemand, fondateur de collèges florissants à Vienne, Prague, Ingolstadt et Fribourg, et premier provincial de son ordre dans la Haute- Allemagne et en Autriche.

1 Seibert, pp. 17-18.

CHAPITHE II

LE PÈRE CANISIUS ET SON ACTION EN ALLEMAGNE. — COMMENCEMENT DE LA POLÉMIQUE CONTRE LES JÉSUITES. — PREMIERS COLLÈGES DR JÉSUITES.

Pierre Canisius descendait de l'une des familles les plus riches et les plus considérées de Niraègue, ville du duché de Gueldre. Il était né le 8 mai 1521. Son père avait à plusieurs reprises exercé la charge de bourgmestre et rempli d'autres postes importants dans sa ville natale. C'est à son influence qu'il faut attribuer la résolution patriotique prise par les Etats de Gueldre à l'époque où le duc Charles voulut céder le duché à la France. Persuadés par son éloquente indignation, ils rejetèrent les propositions qui leur étaient faites et ne voulurent à aucun prix se séparer de l'Empire *. Pierre Canisius reçut à Niraègue et au gymnase de Cologne une éducation soignée. Dans cette dernière ville, il se lia intimement avec Nicolas de Esche, prêtre du Brabant, dont il a parié plus tard comme d'un éducateur modèle. « Il m'instruisait autant par ses exemples que par ses paroles, » écrivait-il bien longtemps après. « Il m'apprenait à fuir et à détester beaucoup plus que les barbarismes et les solécismes tout écart de la loi morale. Il me répétait sans cesse : « Une seule chose importe : le service de Dieu. Tout le reste est illusion. » « Pourvu que tu connaisses Jésus-Christ, il suffit, même si tu ne savais rien autre chose. » Tous les jours il faisait lire à son élève un chapitre de l'Evangile, et l'enfant devait faire choix d'un verset qu'il lui était recommandé de se rappeler de temps ;en temps pendant la journée 2.

' Annales Noviomagemes (Noviomagi, 1790) ad a. 1537, 15S8, 1543.

1 Confessiones und Teslarnentum Canisii, de la première il existe une copie dans la bibliothèque de l'Université de Munich; de la seconde, une copie dans les archives de la ville. Voy. plus haut, p. 27, note 4.

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