HEUREUX EFFETS DU CONCILE UE TRENTE
occasion d'être, autant que vous le pourrez, serviables envers chacun. Vous entendrez volontiers les confessions, vous prêcherez assidûment l'Evangile au peuple, vous enseignerez aux enfants la doctrine chrétienne, vous conseillerez aux bons chrétiens de faire les Exercices spirituels afin de travailler plus efficacement à leur perfection ; vous visiterez les hôpitaux et vous apporterez consolation et secours aux malades en toute charité, afin que la grâce du Saint- Esprit coule d'autant plus abondamment de vos lèvres qu'auparavant vous aurez mis un plus grand zèle à pratiquer vous-mêmes des œuvres d'humilité et d'amour du prochain. Dans vos prédications, vous ne toucherez jamais aux points sur lesquels les Catholiques et les Protestents sont en désaccord. Vous viserez uniquement à l'amélioration des mœurs, vous efforçant de conduire vos auditeurs dans la voie de l'obéissance et du respect envers la sainte Eglise Catholique1.»
Par une bulle revêtue de la signature de tous les cardinaux, le Pape, le 26 janvier 1564, confirma tous les décrets du Concile.
A dater de ce jour, les Catholiques se sentirent de nouveau unis de sentiment et étroitement attachés au centre de l'unité. De ce centre même une vie nouvelle se répandit à grands flots dans toute l'Eglise. «Des milliers et des millions de chrétiens, » dil un contemporain, « ont maintenant d'éclatants modèles sous les yeux ; des hommes de prière, de renoncement, qui ont embrassé joyeusement la pauvreté volontaire, leur enseignent par leur vie sans tache les plus héroïques vertus. Une foule de saints prêtres gardent intacte en leur âme la grâce sacerdotale, et toutes 'les couches de la société s'associent et participent à l'esprit de réforme qui vient de renouveler tout le clergé 2. »
Pie IV était issu d'une famille de la petite bourgeoise, et les Papes qui lui succédèrent avaient des origines encore plus humbles. Pie V (1566-1572) était de basse extraction; Grégoire XIH (1572-1585) était fils d'un marchand. Sixte-Quint (1585-1590), fils d'un jardinier. Pie V, qui appartenait à l'ordre de saint Dominique, continua, devenu Pape, à vivre avec l'austérité d'un religieux. Ses contemporains le vénéraient comme un saint. Jamais, disait le peuple, on n'avait vu sur le trône pontifical un Pape d'une aussi admirable sainteté. « Grégoire XIII, » écrivait l'ambassadeur de Venise Paolo Tiepolo, « est à la vérité moins austère que Pie V, mais il fait beaucoup de bien. Il est heureux pour la religion que deux pontifes d'une aussi éminente sainteté aient successivement régi l'Eglise. Chacun
• Ignacio de Loyola, C&ri&s I, pp. 473-478.
1 De reformatio™ Ecoles iœ (Mediot. 1887), p. 5.