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U LES CATÉCHISMES DE CANISIUS

leur sujet une parole mordante ; jamais il n'est amer ni agressif.

Ses arguments n'en sont que plus forts et plus persuasifs. A chaque page, et beaucoup plus souvent que Luther, il cite la sainte Ecriture. Mais là où il triomphe, c'est quand il fait parler l'antiquité chrétienne par la bouche de ses docteurs et de ses Conciles. Il est si riche en semblables témoignages qu'il ne peut souvent qu'indiquer des centaines de textes à la marge des pages. Un religieux de son ordre, Pierre Busaeus, les a plus tard rassembléset en a composé un gros in-folio «.

Luther ne pouvait évidemment s'appuyer sur de semblables bases, bien qu'il n'ait pu entièrement se passer des Pères ; c'est ainsi qu'au sujet du baptême des enfants il convient que certains Pères ont écrit sous l'inspiration du Saint-Esprit, entre autres « Bernard, Gerson, Jean Huss et plusieurs autres ».

Aucun ouvrage catholique du seizième siècle ne mit les théologiens et les prédicants protestants en un plus violent émoi que le « Catéchisme maudit et blasphémateur » de Canisius. Les livres publiés pour en détruire l'effet méritent une attention particulière, parce qu'ils caractérisent le genre de controverse en usage à cette époque.

Le théologien Jean Wigand reçut d'universels éloges pour avoir le premier * fait retentir la trompette de la divine parole » contre « l'impure ordure du diable vomie par le chien Canisius », et pour avoir indiqué aux chrétiens a le moyen d'échapper aux griffes meurtrières de Satan 2 ».

Wigand annonça donc au monde protestant «qu'abusant du nom du Christ » Canisius jouait une comédie sacrilège. « Voyez cet assassin des âmes! » s'écriait-il, t il prêche les bonnes œuvres aux jeunes gens, aux vieillards, et il ne dit pas un seul mot de la justice qui nous est imputée par la foi en vertu de la passion de Jésus- Christ !» « Le Turc abat les tètes avec le sabre, et il n'est personne qui n'en ait horreur, surtout ses proches voisins, qui sont tous les jours témoins de la façon dont il opprime la Hongrie et d'autres pays

» Voy. les diverses éditions de cet ouvrage dans te Bac kir, t. I, pp. 975-Ö76, t. 111. p. 2042.

1 Dans l'ouvrage cité p. 185, note i.

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