DIÈTE DE RATISBONNE
n'était point son a fia ire de disputer, mais seulement de maintenir le texte dans toute son intégrité. » Cette réponse encouragea peu après le Conseil de Colmar à abolir « tout vestige d'idolâtrie papiste ». Le clergé catholique, atteint dans ses droits, s'étant placé sous la protection do la maison d'Autriche, fut déclaré « traître à la patrie 1 ». Le Conseil défendit aux chanoines d'entretenir les écoles, et, dans les'eampagnes environnantes, les prédicants prêchèrent l'apostasie aux paysans. Grégoire XIII exhorta l'Empereur à prendre la défense des persécutés, mais ne reçut de lui qu'une réponse évasive s.
En cette même année, le Conseil d'Aalen, soutenu par le duc Louis de Wurtemberg, qui avait succédé à son père Christophe en 1568 introduisit le nouveau culte dans la ville.
Sur le Rhin, en Westphalie, le Calvinisme faisait tous les jours de nouveaux progrès, et la petite ville de Wesel, dans le Bas-Rhin, méritait le surnom de «mère des Gueux». Le gymnase de Duisbourg était devenu le foyer d'une ardente propagande calviniste. La religion de Calvin pénétra également dans le comté de la Mark et dans la seigneurie impériale de Gemen. Un brisement d'images, provoqué par des prédicants calvinistes, eut lieu dans le Wittgenstein en 1574 3.
Les membres d'Empire catholiques, dans le cahier de doléances présenté à l'Empereur en 1576, se plaignent amèrement de la cruelle situation qui leur est faite : « On ne cesse d'attenter à la paix de religion, » disent-ils. « Malgré ce qu'elle a établi, toutes sortes d'opinions et de sectes, aussi éloignées de la doctrine luthérienne que de la foi catholique, pénètrent tous les jours parmi nous sous le manteau de la Confession d'Augsbourg. Plusieurs évêques sont protestants de cœur, et n'en conservent pas moins leurs sièges. Depuis le traité de Passau, beaucoup d'évêchés ont été laïcisés, contrairement à toute justice, et la religion catholique y aété abolie ; les églises ont été pillées, les autels abattus, on s'est emparé des trésors des sacristies, les saintes espèces ont été foulées aux pieds. Bien que la paix d'Augsbourg ait garanti dans tout l'Empire le libre exercice des deux religions, bien qu'elle ait expressément ordonné de les respecter, dans beaucoup do cités, entre autres à Mulhouse, à Strasbourg, à Esslingen, à Reutlingen^ Ulm, les Catholiques sont persécutés par les Confessionistes; à Ulm et ailleurs, la chaire estin-
» RocnoLi,, pp. 140, 144, 165-168; 195, 206 207. * Theiner, t. H, p. 181.
' Zapf, Simmtl. Reformationsurkunden der Reichstädt Aalen, Ulm, 1770, 4 Kampfschulte, Ein/ährunj, pp. 232-242.