‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 273 sur 315 · DIÈTE DE II ATISBONNE · texte numérisé non relu

DIÈTE DE II ATISBONNE

terdite à nos prédicateurs. Le conseil d'Ulm a même fait arrêter un prêtre qui disait la messe dans l'église des chevaliers Teutons, au milieu des huées de la populace. Ce prêtre a été depuis jeté en prison. Dans les villes où existent encore des collégiales impériales privilégiées, les autorités ont eu l'audace de fermer nos écoles: c'est tarir la source même de notre foi. »

L'évêque d'Eichstädt informa à son tour ses collègues catholiques que les Luthériens avaient imposé leurs prédicants aux villages et paroisses de son évêché; qu'en dépit des articles d'Augsbourg, ils avaient entraîné beaucoup de ses sujets dans l'apostasie, supprimé les juridictions ecclésiastiques, les taxes, dimes et prévôtés ; qu'un jour ils avaient été jusqu'à dépouiller de ses ornements sacerdotaux un prêtre qui se disposait à célébrer la messe, et l'avaient ensuite chassé de l'église à coups de poing. L'évêque de Ratisbonne se plaignit aussi du Conseil de la cité, qui avait transformé en cabarets les couvents et les églises de son diocèse.

Les membres catholiques étaient unanimes à répéter : « Les Confessionistes, sans que nous osions nous y opposer, rendent des édits de religion, se mêlent de nos affaires privées et fortifient les sujets dans leur résistance envers nous lorsque nous leur prescrivons quelque chose relativement à la religion. S'ils refusent de nous obéir, ils leur font aussitôt parvenir des secours, soit ouvertement, soit en secret. Dans les territoires protestants, les Catholiques fidèles sont l'objet de méfiances injustes; on les tracasse, on les persécute, les autorités tolèrent et même exigent que les prédicants les insultent en chaire et les rendent odieux au peuple protestant. Non seulement les nôtres sont exclus de tous les honneurs et emplois, mais en beaucoup de localités, on va jusqu'à les emprisonner, on les condamne à de fortes amendes dès que le bruit se répand qu'eux, leurs femmes ou leurs enfants ont été assister au dehors à quelque prédication catholique, ou bien recevoir la sainte communion. Quand ils demandent la permission de se rendre en un pays voisin pour y vivre sous la loi d'une autorité catholique sans préjudice de leurs biens et de leurs honneurs, on ne veut pas le leur permettre, procédé injuste, vexa toi re, antichrétien, et beaucoup plus dur pour eux que l'exil *. »

Ce cahier de doléances fut remis à [l'Empereur à la Diète de Ratisbonne, où la plupart des membres protestants, groupés autour de l'Electeur palatin, se préparaient à montrer de telles exigences que le duc Albert de Bavière écrivait au cardinal Morone :

» Ersten' berger, pp. 90^-96. Lehmann, pp. 165-171.

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