‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 274 sur 315 · RÉCLAMATIONS DES PROTESTANTS A LA DIÈTE DE RATISBONNE · texte numérisé non relu

RÉCLAMATIONS DES PROTESTANTS A LA DIÈTE DE RATISBONNE

« Il est clair que nos adversaires ne se proposent rien moins que l'extinction totale de tout ce qui est encore catholique en Allemagne l. »

La Diète de Ratisbonne s'était ouverte le 25 juin 1576. L'Empereur avait d'avance indiqué, comme devant former le principal objet de ses délibérations, le péril imminent qui menaçait l'Empire du côté des Turcs. L'armistice de huit ans obtenu du sultan pour les pays hongrois, avait été de peu d'utilité pour lui et pour ses sujets; sans y avoir égard, les Turcs avaient attaqué tantôt un point de la frontière tantôt un autre ; ils s'étaient emparés de plusieurs places fortes; ils avaient ravagé et incendié de vastes territoires et traîné des milliers de chrétiens en esclavage. Un secours prompt et de quelque durée était indispensable si l'on voulait arrêter jl'invasion et sauver la Hongrie. Le discours de Maximilien fut appuyé par les membres d'Empire de Styrie, de Carinthie, de Carniole et de Görz, qui tous réclamaient l'assistance de la Diète avec beaucoup d'ardeur, car ils redoutaient extrêmement le joug de l'ennemi héréditaire »*. « L'Empereur montre de l'énergie, » écrivaient les délégués de Francfort le 4 juillet, « il fait tout pour obtenir des scours ; mais il nous semble que la plupart des membres d'Empire sont aussi peu disposés à le satisfaire que les dignes cités. Quelque tournure que prennent les choses, il est plus que probable que les cités s'abstiendront le plus qu'elles pourront 3. »

L'Électeur palatin jugea le moment favorable pour réclamer non seulement la reconnaissance officiello de la « Déclaration supplémentaire » de Ferdinand, mais surtout pour demander « l'affranchissement des évêques » et la suppression de la Réserve ecclésiastique. Il se flattait que ce qui s'était passé en Saxe et en d'autres lieux allait se renouveler dans les pays rhénans, » et que quelques évêques se décideraient enfin à embrasser le Protestantisme; en prévision de leur apostasie, il préparait d'avance le moyen de leur venir en aide. « 11 nous semble, » écrivait-il au landgrave Guillaume

1 v. Aiiktix, Maximilian, p. 217.

* Hüben un, t. X, pp. 18 et suiv. Voy. la relation de l'ambassadeur de Venise Giovanni Correro sur la situation de l'Empire et le péril turc en 1574. « Le forze dell' Imperio per oçni ragione dovria S. M. averlc pion te, perche traltaodosi di perder l'Uugheria si traita insieme délia sicurezza di lutta Germania. Albéri, Ser. I, vol. 6. pp. 168-169.

» "Reichatagsuclen, t. LXXVI, fol.] 17.

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