‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 277 sur 315 · ORIGINE DE LA DÉCLARATION DE FERDINAND · texte numérisé non relu

ORIGINE DE LA DÉCLARATION DE FERDINAND

Du vivant de Ferdinand, jamais il n'avait été question de cette Déclaration, ce qui s'explique aisément par l'histoire de ses origines. Auguste de Saxe, tremblant de voir, en vertu de la Réserve ecclésiastique, la religion catholique rétablie dans les évêchés de Meissen, de Mersebourg et de Naumbourg-Zeitz, ce qui eût mis de graves obstacles au projet qu'il caressait depuis longtemps d'annexer ces évêchés à ses états, lavait obtenue de l'Empereur en récompense de sa complaisance dans l'affaire de la Réserve. Il avait été seul à en avoir connaissance, lui seul en avait eu entre les mains le texte authentique « Dans les actes et protocoles de la Dièio d'Augsbourg, » écrivait le secrétaire d'Etat André Erstenberger, « il n'est fait mention d'aucune personne ayaut sollicité ladite Déclaration en dehors des conseillers de Saxe, qui seuls aussi l'ont en leur possession. Elle n'existe que dans leur chancellerie, et m; se trouve chez aucun autre prince; la chancellerie impériale n'en possède même pas une copie, et cependant toutes les délibérations et décisions des Diètes y sont fidèlement conservées *. La Chambre Impériale, qui garde le texte original du traité d'Augsbourg et ceux de toutes les lois d'Empire, n'en a jamais eu connaissance2. »

Depuis longtemps, pour l'exécution des plans qui lui tenaient le plus au cœur, Auguste avait outrepassé les droits que lui reconnaissait la Déclaration. L'évêché de Meissen avait été enclavé dans ses états par ruse et supercherie, grâce à la déloyauté do Pévêque Jean de Haugnitz 3. En ioöl, l'Electeur avait pour ainsi dire contraint les chapitres de Naum bourg et de Mersebourg à accepter comme postulant à l'archevêché son fils Alexandre, et pour rendre les capitulaires « plus souples », Mersebourg avait été occupée pendant deux mois 4. En 1565, Alexandre étant mort, l'Electeur s'était attribué l'administration des deux évêchés. Dans tous ces actes arbitraires, il n'avait rencontré aucune opposition du coté de l'Empereur, et ne se souvint de la Déclaration presque oubliée de Ferdinand qu'à propos de l'affaire de Fulde :,.Ce fut à cette occasion que les trois Electeurs protestants demandèrent, le jour de l'élection impériale, qu'il fût fait mention de la « patente d'exemption » dans le document officiel où étaient consignées les concessions

1 Erstf.skergeh, p. 393, voy. p. 389, de plus amples détails sur les origines de la Dcclaraliou.

* Voy l'article de Ritteii sur la paix d'Augsbourg. » Voy. plus haut, pp. 88-89.

*Voy. Tiilinkr, t. II. p. 39.

1 Voy plus haut, p. 474.

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