DÉBATS SUR LA DÉCLARATION DE FERDINAND
garanties aux Electeurs en échange de leur vote. Sur ces entrefaites, les princes ecclésiastiques, qui, jusqu'à ce jour, avaient complètement ignoré la Déclaration, en contestèrent non seulement la légalité, mais l'existence même, jusqu'au moment où Auguste la leur présenta, signée et scellée de la propre main de Ferdinand.
Lors donc qu'à la Diète de Ratisbonne les membres d'Empire protestants réclamèrent son insertion dans le recez d'Empire, les Catholiques repoussèrent avec ensemble et énergie « leur inconvenante prétention ». « Nous n'avons jamais été informés, » direntils, « de l'existence de ce document. Quelques membres, qui faisaient partie du gouvernement, beaucoup de conseillers et ambassadeurs encore vivants, et qui ont assisté à la Diète de 1555 commencement jusqu'à la fin, n'en ont pas le moindre souvenir. plus, elle est antérieure au traité de paix qui a annulé et supprimé, du consentement et assontiraent de tous, toutes les décisions qui, dans l'avenir, pourraient la contredire. Entrer dans une négociation ou dispute quelconque avec les Confessionistes à ce sujet nous serait d'autant plus pénible que la Déclaration va à rencontre de nos devoirs, blesse notre conscience, et ne pourrait avoir d'autre résultat pour les sujets que l'émeute, la rébellion, une excitation dangereuse et funeste au maintien de la paix *. »
L'Electeur Auguste, bien qu'il sembla résolu avant la Diète à maintenir la Déclaration, n'avait cependant pas l'intention d'insister beaucoup pour obtenir son insertion au procès- verbal, ni d'en faire dépendre ses contributions pour la campagne turque. 11 recommanda à ses conseillers ce d'éclairer les Confession istes dans les comités privés, quant à la façon dont les articles de la paix devaient être interprétés et appliqués aux sujets d'un autre pouvoir. Mais l'instruction qu'il leur remit ne concorde point avec ce que la Déclaration avait affirmé, c'est-à-dire que les princes ecclésiastiques lui eussent donné leur approbation. « Les prêtres, » disait Auguste, « n'ont jamais voulu admettre qu'on leur fît la loi relativement à leurs sujets; à la Diète de Spire, en 1544, et en d'autres assemblées, tout le monde sait que l'article suivant a été vote et adopté : « Aucun membre d'Empire ne pourra en contraindre un autre ni les sujets de cet autre à embrasser sa religion et no pourra rien entreprendre dans ce but, ni prendre sous sa protection, sauvegarde et abri les sujets d'un prince ou d'une ville voisine, de quelque manière que ce soit. » « Et ce qui
1 EusTËXBËfUiER, pp. 8ôb-88, voy. Lossen, Kölnischer Kriey, pp. 318-319.