DÉBATS SUR LA DÉCLARATION DE FERDINAND. 157G
est également certain, » ajoutait l'Electeur, « c'est que dans le recez de 1555 il est dit en propres termes que les articles de la paix sont immuables, et ne peuvent être annulés par aucune déclaration subséquente. »
Les Confessionistes avaient approuvé tous ces points.
« Malgré celat » ajoutait l'instruction de l'Electeur Auguste, « puisque Ferdinand a donné la Déclaration, il faut s'en montrer reconnaissant, en priant toutefois Sa Majesté d'avoir l'œil à ce qu'on n'en fasse pas usage <r cum grano salis » , c'est-à-dire de manière à exciter des troubles dans l'Empire et à compromettre la paix de religion, d'autant plus qu'elle ne concerne pas les membres d'Empire protestants, mais seulement les sujets d'un pouvoir étranger. *>
c Incorporer ladite Déclaration dans le recez d'Empire et en remettre la notification légale à la Chambre Impériale n'est pas au pouvoir de l'Empereur, car pour cela le consentement des membres ecclésiastiques est indispensable. Ceux d entre nous qui ont l'expérience de ce qui se passe aux Diètes savent fort bien qu'aucune loi ne peut être insérée dans le recez d'Empire avant d'avoir été préablement discutée dans les commissions, puis consentie en séance publique par la majorité, ou bien laissée à la libre appréciation de l'Empereur. » « Pour ce qui regarde la Chambre Impériale, le consentement de tous les membres d'Empire est indispensable, etil n'y a peint d'exemple qu'une déclaration supplémentaire, donnée en dehors de toutes les formalités ordinaires, ait jamais été notifiée légalement au tribunal souverain. Enfin les Protestants ont bien des choses à considérer par rapport à cette Déclaration, et en particulier que la question, au fond, n'est ni très claire, ni bien déterminée. » Auguste écrivait le 1er octobre 1576 au duc Jules de Brunswick en lui communiquant cette instruction : « Nous ne comprendrions pas, nous ne saurions approuver qu'on fit entendre à l'Empereur que si l'on n'obtient pas ceci ou cela par rapport aux sujets étrangers, on aimera mieux mettre l'Empire en péril, fouler aux pieds la paix de religion, souffrir quo le Turc prenne possession des territoires allemands les uns après les autres, que renoncer à ce qu'on voulait obtenir et faire quelque sacrifice pour sauver la patrie 4. »
Au rebours d'Auguste de Saxe, le landgrave Guillaume de Hesse encourageait le duc Julius à persévérer avec constance dans ses réclamations aussi bien au sujet de la Déclaration que par rapport à
1 Voy. SCHMIDT-PmSELDEK, t. II, pp. 102-122.