‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 281 sur 315 · REQUÊTE DES PROTESTANTS POUR L'AFFRANCHISSEMENT DES ÉVÈCHÉS · texte numérisé non relu

REQUÊTE DES PROTESTANTS POUR L'AFFRANCHISSEMENT DES ÉVÈCHÉS

leur vie un vif ressentiment au coeur; ils se souviendront toujours que leurs ancêtres ont donné de grandes richesses aux évêchés ; ils aimeront mieux, tout risquer que de se laisser déposséder, uniquement parce qu'ils ne sont plus catholiques. » « Par là de graves événements sont à redouter, et la paix sera compromise par des querelles sans cesse renouvelées *. »

Mais, malgré tous leurs efforts, les pétitionnaires n'avaient trouvé aucun écho à la Diète élective; ils songèrent alors à porter leur réclamation à la Diète. Frédéric et Guillaume de Hesse offrirent de nouveau leurs services ; mais les politiques clairvoyants du parti ne comptaient point sur le succès. « Pour dire la vérité, » écrivait le chancelier de Hesse Reinhard Scheffer à Burkard de Kram, gouverneur de Marbourg et fort attaché au parti des comtes, c toute l'affaire est si épineuse, si embrouillée, que même à l'époque où rien n'avait été entamé et lorsque nul obstacle ne se présentait, je n'ai jamais pu concevoir à ce sujet la moindre espérance. À cause de son devoir envers le Pape et du serment qui le lie, l'épiscopat n'entrera jamais dans nos vues. Même sans cette raison, et rien que par attachement pour leur religion, les évêques ne seront jamais des nôtres, car il est clair que.« la franchise » une fois obtenue, le papisme tombera dans la boue. » « Les évêques ont trop peur des confiscations, morcellements et dévastations de leurs territoires pour qu'il soit possible de les abuser en leur parlant des garanties qui leur seraient offertes. »«Plus la porte des évêchés sera ouverte aux princes, comtes et nobles de la Confession d'Augsbourg, plus elle se fermera pour les princes, comtes et nobles papistes. De leur plein gré, ceux-ci n'abandonneront jamais leur avantage. Aussi suis-je persuadé que notre peine sera perdue. Pour arriver au but, il faudrait prendre des moyens dont il ne peut être question pour le moment. »

On avaitespéré pouvoir s'entendre sur ce qu'il y avait à faire pendant une noce où la plupart des comtes avaient été conviés. Mais Jean de Nassau fut obligé d'avouer « que pendant l'orgie et la grande gloutonnerie » il avait été impossible de penser à rien de sérieux et d'organiser quelque chose.

« Nous vivons de telle sorte, » écrivait-il, « que Dieu serait en droit de nous aveugler2. »

Les Catholiques comprenaient fort bien que, dans la question de la « franchise», il ne s'agissait pas de religion, mais de la confiscation des biens ecclésiastiques, et que le morcellement des évêchés en serait la conséquence inévitable ; la che-

1 Voy. Erstenbkrger, pp. 47-53.

* Lossen, Kölnischer Kriej, p. 391, noies i el 2.

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