‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 282 sur 315 · REQUÊTE DES PROTESTANTS POUR L'AFFRANCHISSEMENT DES ÉVÈCHÉS · texte numérisé non relu

REQUÊTE DES PROTESTANTS POUR L'AFFRANCHISSEMENT DES ÉVÈCHÉS

valerie d'Empire et les feudataircs protestants ne l'ignoraient pas non plus. Pendant les deux assemblées générales de la noblesse qui eurent lieu à Worms et à Francfort-sur-le-Mein, les chevaliers rhénans déclarèrent qu'ils ne consentiraient à aucun prix à « la franchise ». Ils firent passer un mot d'ordre aux chevaliers d'Empire franconiens et souabes *, et dans un message adressé aux conseillers de l'Empereur, les trois « chevaleries » repoussèrent avec énergie « la dangereuse et pernicieuse motion » qui plusieurs fois déjà avait causé la perle d'importants évêchés ; ils suppliaient l'Empereur, instruit de tout le tort qu'elle pourrait faire et à la noblesse et aux évêques, de la rejeter, de laisser les choses subsister dans leur ancien état, et telles que le traité de paix les avait fixées 2.

Du côté catholique, on réclamait avec instance une autre « franchise », celle-là vraiment utile et équitable : le libre accès des charges et hautes dignités ecclésiastiques, non seulement pour les princes, comtes, seigneurs suzerains et gentilshommes, mais aussi pour les gens instruits et capables de toutes les conditions 3. ce Au temps où cette antique « franchise des personnes» était en vigueur, » disaient les Catholiques, « un esprit meilleur dirigeait l'Eglise. » « L'Esprit Saint se plait à voir régner la charité, l'humilité, la sagesse dans ceux qui ont en main le gouvernement des Eglises; l'esprit de Dieu n'a point égard aux nobles origines, il a des vues plus hautes que celles des mondains. » ce Jésus-Christ sonde le cœur de ses disciples pour voir s'ils pourront boire le calice de la Passion ; il s'assure que l'amour de Pierre est plus ardent que celui des autres apôtres avant de lui remettre les clefs, et il lui fait faire sa profession de foi. Si l'on écoutait nos adversaires, l'examen porterait sur des points bien différents. On se demanderait, par exemple, si les postulants savent bien monter à cheval et se battre; s'ils brillent dans les tournois, s'ils savent jouer à la paume, en un mot, s'ils sont habiles dans tous les exercices du corps. De plus, si l'on songe aux vrais intérêts de l'Église, il est certain que les enfants légitimes des bourgeois et des paysans sont tout aussi dignes que les nobles d'occuper les hautes charges ecclésiastiques, puisque leurs ancêtres, remplis de la crainte de Dieu, comme le témoigne saint Luc, en ont été possesseurs avant les riches, et ont amassé les biens dont jouissent leurs descendants par leur âpre travail et à la sueur

1 Erstehbbhger, pp. 73-75, voy. Lossei*, Kölnischer Kreig, pp. 303, 393, 398. * Supplique du 9 octobre 1576, voy. Erstenbkroer, pp. 71-72. ' Von der hochberümpter Religionsfreistellung ein kurtter Bericht, etc. Autore Andre« Dorkenio. voy. Stieve, Die Politik Bayerns, t. I, p. 157.

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