AFFAIRE DE L'ABBAYE DE FULDE
de leur front. » « Si l'on veut exclure les humbles, et s'arrauger de telle sorte que les évêques soient invariablement des seigneurs mondains et politiques, qu'on affranchisse donc aussi les sujets, qu'on les exempte des dîmes et des taxes! Mais de cela nos habiles prélats ne veulent pas entendre parler. »]
« En résumé, nos ancêtres de tous les pays et de tous les temps se sont toujours gouvernés d'après les lois et usages de l'Eglise romaine, et bien que, la plupart du temps, des personnes appartenant à la maison impériale ou royale, aux familles de comtes ou de grands personnages aient été choisies pour administrer les grandes abbayes et les évêchés, cependant il est notoire que personne n'a jamais été exclu, même du cardinalat, à cause de sa naissance roturière. La sainte Eglise a toujoursadmis dans son consistoire et dans son gouvernement des personnes issues de toutes les nations, familles ou ordres religieux ; aussi les églises, les évêchés, les collégiales devraient-elles tenir à ce droit, et admettre aux emplois toute personne capable de s'en bien acquitter. Ce serait là vraiment une liberté glorieuse, divine, conforme aux saints Conciles, canons, conforme à la doctrine de nos pères, à leurs institutions, à leurs volontés suprêmes, conforme au droit impérial, à l'équité et ne pouvant porter préjudice ni à la noblesse, ni à qui que ce soit au monde, puisqu'elle serait, au contraire, avantageuse à toute condition K. »
Mais d'une liberté si véritablement chrétienne et si utile à l'Eglise, les grands seigneurs catholiques ne voulaient pas plus que les Protestants. Le fait est si évident que, par crainte de la résistance des puissants aussi bien laïques qu'ecclésiastiques, le Concile avait cru devoir laisser de côté un article de réforme portant qu'à l'avenir les bourgeois auraient accès aussi bien que les nobles aux chapitres des cathédrales 2.
Tandis qu'à Ratisbonne a l'aigreur, les malentendus divisaientplus que jamais les représentants des membres d'Empire des deux religions3», la guerre civile semblait imminente à Fulde. Peu de temps avant que la Diète ne s'ouvrît, à la suite d'un complot tramé par le chapitre et la noblesse, Balthasar avait été déposé et contraint « de
' Yoy. pp. 10-28.
* Voy. plus haut, pp. 178-176.
1 Relation du chancelier Mutzeltia, 1" octobre 1576, voy. Sckmidt-Piii$ei<dek, t. Il, pp. 101-102.