DÉLIBÉRATIONS RELIGIEUSES A LA DIÈTE DE RATISBONNE
capituler »; il avait remis l'administration de l'abbaye à l'évêque de Wurzbourg, Jules Echter de Mespelbrunn 4. Par uu édît daté du 28 juin, l'Empereur, flétrissant la violence dont il avait été victime, avait ordonné sa réinstallation. Mais les conjurés avaient refusé d'obéir et les membres d'Empire, à Ratisbonne, « étaient pour ainsi dire inondés » par les écrits, par les plaintes des deux partis. «Ils nous ont envoyé tantde paperasses,» écrivait le délégué de Francfort, Charles de Glaubourg, le 43 septembre, « qu'on ne viendrait pas à bout de la dépouiller en six semaines. Pour économiser le temps, le chancelier do Mayence les lit publiquement au conseil d'Empire, et depuis trois jours cinq heures ont été consacrées à cette besogne. » Glaubourg appréhendait fort que de toute cette affaire ne sortit « un terrible incendie, une sédition dangereuse, et fatale au Saint-Empire 2 ». Pour prévenir un tel malheur, « l'Empereur abandonna Balthasar ». 11 séquestra l'Abbaye, invita les parties à porter leur querelle devant les tribunaux et élut à la place de l'Abbé le grand-maître de l'ordre teutonique, Henri Bubenhausen 3.
Un jour qu'un ambassadeur bavarois faisait à l'Empereur à ce sujet de justes observations, s'étendant sur les dangers d'un tel précédent, qui semblait donner raison à l'axiome : la force prime le droit, Maximilien se contenta de répondre : « Que voulez-vous ? Il n'y a point de remède : Je suis faible et malade.»
Impuissant à l'intérieur, troublé dans sa conscience, également suspect aux Catholiques et aux Confessionistes, atteint, en outre, de maladies incurables, « l'Empereur passait sa vie » dans une agitation, dans une angoisse constante, et telle qu'on ne le saurait décrire ». Si la majorité des membres protestants faisait dépendre ses votes de l'accueil fait à leurs réclamations, les Catholiques, d'autre part, déclaraient qu'ils ne consentiraient à fournir aucun subside avant d'avoir ob ton u la promesse qu'on s'en tiendrait aux termes de la paix de religion, et qu'on n'accorderait rien aux injustes prétentions de leurs adversaires quant à la Déclaration de Ferdinand, à la Réserve, et à « la franchise des comtes et seigneurs ». Le légat
1 Four plus de détails, voy. Komp, Fürstabt Balthasar, pp. 106-133. L'évêque Jules joua dans cette conspiration un rôle peu honorable. * * Frankfurter Reichs tagsacten, t. LXXVI, fol. 40.
» Komp, Fürstabt Balthasar, pp. 187-S08, J«8-*99. Ce ne fut qu'au bout de vingt-six ans que l'Abbé recouvra ses propriétés.