‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 285 sur 315 · DÉLIBÉRATIONS RELIGIEUSES A LA DIÈTE DE RAT1SBONNE · texte numérisé non relu

DÉLIBÉRATIONS RELIGIEUSES A LA DIÈTE DE RAT1SBONNE

Morone, alors à Ratisbonne, prélat zélé pour l'union et la concentration des Catholiques, « ne laissa aucun doute à l'Empereur à ce sujet dans les nombreux entretiens qu'il eut avec lui ». « Qu'on ait compassion de l'état où je me trouve, » dit Maxirailien à un conseiller de Mayence,un jour qu'en proie à d'atroces souffrances il le recevait dans sa chambre à coucher ; « je ne sais vraiment quel chemin prendre pour sortir d'embarras; je ne sais à qui me fier, et le Turc menace d'envahir mes terres héréditaires et de pénétrer au cœur de l'Empire. » « Tout le monde plaint Votre Majesté, » répondit le conseiller, « tout le monde sent en quel pressant péril se trouve le Saint-Empire, et les membres de la vraie religion sont prêts à tous les sacrifices pour le mettre en sécurité; mais dans leurs propres états, il leur est impossible de laisser triompher des ennemis dont ils ne sont pas moins détestés que des Turcs. » « Dans le désordre qui s'aggrave chaque année, la querelle religieuse est la principale cause de nos malheurs; elle aigrit les esprits et sépare toujours plusceux dont l'union serait si nécessaire. Depuis bien des années, on a trop fait de concessions aux Protestants. On a tellement opprimé la minorité catholique qu'à la fin elle s'est révoltée; elle veut du moins être maîtresse là où elle est chez elle, et, comme les autorités confessionistes lui en ont donné l'exemple, elle ne veut pas qu'on la dirige et qu'on lui fasse violence dans les choses de la conscience. Si les Protestants, s'appuyant sur le traité d'Augsbourg, ne tolèrent parmi leurs sujets aucune religion dissidente, appelant tout ce qui est catholique « idolâtrie et royaume du démon », les Catholiques, de leur côté, ont résolu, profitant de la liberté qui leur a été garantie, de ne tolérer à l'avenir parmi leurs sujets et alliés d'autre religion que la leur, et de sévir avec une grande sévérité contre les rebelles; ils sentent bien que l'heure est grave, et que de leur énergie dépend leur ruine ou leur salut. Ils ont trop longtemps dormi, cédant toujours et restant assis; aussi n'ont-ils jamais rien obtenu ; au contraire, on a sans cesse forgé de nouvelles armes contre eux et découvert de nouveaux moyens de les opprimer, et enfin de les perdre. Le temps est venu de sauver du moins le peu qui nous reste *. » L'archevêque de Cologne, Salentin d'isenbourg, qui depuis de longues années entretenait d'amicales relations avec les Protestants, se prononça cependant pour le refus net et sans restriction de leur requête, et défendit avec fermeté la cause catholique i.

1 Relation adressée à l'Électeur de Mayencc, 1576. Relation de Moronc, Ralisbonoc. 19 juin et 4 juillet 1576. Theiker, t. II, pp. 524>5i5. * Relation de Moronc, 13 juillet 1576, Tiieiner, t. II, p. 525.

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