CHAPITRE IX
empiétements protestants en autriche. rapports protestants sur l'état religieux et moral de la population autrichienne.
Pour mettre ordre à leur systèmeecclésiastiqueentièremcnt désorganisé1, les seigneurs et chevaliers de la Haute et Basse Autriche avaient supplié Martin Chemnitz « d'avoir pitié de leur triste situation », et d'accepter, au moins pour un an, la charge de surintendant. Chemnitz y avait consenti, mais à la condition d'imposer à tout le pays une profession de foi qu'il présenta aux nobles et aux prédicants, et que ni les uns ni les autres ne voulurent accepter (1572). En 1573, les ministres se tournèrent vers Chyträus, qui autrefois leur avait rendu d'importants services2, et maintenant encore se montrait disposé « à travailler avec une loyale bonne volonté à guérir des maux devenus presque irrémédiables ». A la suite d'une longue délibération, à laquelle prirent part plusieurs théologiens, les Etats résolurent do ne plus admettre à l'avenir aux fonctions ecclésiastiques que des prédicants dont l'orthodoxie aurait été reconnue par le surintendant futur, et qui prendraient l'engagement de ne prêcher que conformément à la Confession de foi adoptée dans le pays et de fuir toute dispute inutile. Chyträus fit observer que dans l'état d'anarchie actuel, alors que tout ministre voulait être pape et empereur dans son Eglise, il serait bien difficile de tenir de telles promesses. La convocation d'un synode était, selon lui, d'une nécessité urgente, Lmais il ne voyait aucun moyen d'y parvenir, les esprits étant dans une extrême agitation, et la plupart des prédicants, « gens turbulents, entêtés, et présomptueux, repoussant tout ce qui n'était pas sorti de leur cervelle ». Cependant un colloque eut lieu en 1574; il fut, comme d'ordinaire, une source
1 Voy. plus haut, p. 432.
* Voy. plus haut, pp. 45i, 435,