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LA RK LI G ION ET LES MOEURS DANS LE PALATIN AT

l'ai entendu dire, des gens ignoraols et grossiers, qui se jettent sur la proie qu'on leur abandonne comme des vautours. Les choses en sont venues à un tel point que les honnêtes gens ne se présentent plus pour remplir les emplois ecclésiastiques, mais uniquement des hommes avides, prêts à accaparer et à dilapider sans aucun scrupule le bien d'Église. En un mot, ces nouveaux venus sont des hypocrites, des flatteurs, de véritables harpies *. » En 1 579, l'Electeur publia un décret portant que toute révolte contre les lois, toute manœuvre perfide tendant à rétablir les hérésies condamnées, seraient punies à l'égal des délits de sorcellerie 2 ».

Jadis, lors des innovations de Frédéric M, les Luthériens s'étaient répandus en plaintes amères contre les ordres de leur prince; maintenant c'était au tour des Calvinistes à se lamenter. « Les changements de religion finissent par détruire toute religion, » disaientils 3. Pendant les enquêtes ecclésiastiques ordonnées par l'Electeur à plusieurs reprises, on acquit la certitude que non seulement les laïques, mais les ministres étaient, relativement à la doctrine luthérienne, d'une ignorance presque invraisemblable. En même temps, une grossièreté de mœurs, une licence si ignoble se révélait dans leurs discours et dans leurs actes que les protocoles d'enquête ne pourraient être reproduits sans offense à la pudeur. On n'entendait tomber de la chaire que des imprécations et des injures; il n'y avait plus ni loi, ni discipline 4. Aussi le peuple était-il tombé dans une dépravation presque bestiale. Dans un discours prononcé aux Etats du Haut-Palatinat, l'Electeur, en 1577, compte parmi les charges qui lui sont imposées et rendent un surcroit de dépense nécessaire « l'envahissement croissant des vices». Il se plaint que l'entretien des personnes accusées de sorcellerie, entretien dont le gouvernement avait de tout temps supporté les frais, diminue sensiblement ses revenus 5. Au sujet d'Amberg, un rapport officiel, publié en 1581, porte : « Quant aux mœurs de la plupart des habitants, chacun est à même de s'en rendre compte, car jour et nuit on peut les voir attablés dans les hôtelleries et les tavernes; là, on rencontre, à l'heure du prêche, beaucoup plus de chrétiens qu'à l'église. Il est fréquent de voir une jeune tille

< Sudmoff, pp. 428-428. Le Calvinisme rencontrait peu de sympathie parmi le peuple. Le 24 novembre 1577, Ursinus écrivait à I'uu de ses amis : « \obilitas, praefecti, magistratus, major pars populi sunt nobis infensi, alii neque intelli~ g tint neque curant religionern, pars minima nobiscum gémit et eu, quae nihil potest. » Voy. v. Bezolo, t. 1, p. 224, n° 8.

* WlTTMANN, p. 67.

3 Voy. Sudhofk. p. 426.

* Dit Witlmann, qui les a eus sous les yeux ; voy. p. 69.

s WlTTMAN.N, p. 71).

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