LA. RELIGION ET LES MOEURS DANS L'ALLEMAGNE DU SUD
arriver déshonorée au jour de ses noces, et, ce jour-là, on se livre à la plus abominable licence; l'abus du saint nom de Dieu est tellement fréquent, môme parmi les enfants, qu'il ne faudrait pas s'étonner que la terre s'entrouvrit pourengloutir tous nos blasphémateurs 4. » Dans le Palatinat-Deux-Ponts, même situation : « Les blasphèmes, les imprécations les plus impies, » écrivait le comte palatin Wolfgang, « sont toujours plus communs, chez les jeunes gens comme chez les vieillards. Il devient urgent de sévir : Tout homme convaincu d'avoir blasphémé la toute puissance ou la justice de Dieu, la très sainte humanité du Christ ou les sacrements, sera puni de mort, ou subira le retranchement de l'un de ses membres. Des jurons si grossiers qu'on ne peut même les rapporter sont maintenant passés dans le langage usuel : ils seront punis par la prison, ou bien on exigera des coupables une forte amende. L'adultère passe pour un crime de peu de gravité, on ne rougit point de le commettre : ceux qu'on en a pu convaincre seront jetés en prison. Pendant quatre dimanches consécutifs, on leur fera porter trois fois autour de l'Eglise les deux pierres de péché qui y sont déposées. En cas de récidive, on les expulsera du pays 2 . » « La charité fraternelle, le soin des pauvres, » assurait le prédicant Charles Sander en 1577, « ne se rencontrent plus parmi les hommes ; ils sont rudes, grossiers, ils s'abandonnent à tous les vices ; dans les villes et villages on voit errer autour des maisons une foule de gens affamés. En vérité, au temps du papisme, nous n'avions rien expérimenté de semblable 3. »
Olevian et Widebram, tous deux chassés de l'Electorat palatin, avaientété demander asile au comte Jean de Nassau ; en 1577, ils établirent le Calvinisme dans les domaines de ce prince. Le nouveau culte fut inauguré à Diez par le brisement des images du Sauveur et dessaints. Ce jour-là, on vit le comte Jean lui-même saisir une statue de la Sainte Vierge de grandeur naturelle, sculptée et dorée, œuvre d'une grande valeur artistique, et lui abattre .la tête avec son épée *.
1 WlTTMAN», p. 71.
* Voy. (Faber) Stof*, t. II, ppMit lV, 129-133.
* Beiträge sur evangelischen Concordie, p. 39. Voy. ce que dit à ce sujet le surintendant Cunmann Flinsbach dans (Faber) Stokf, t. II, p. 51.
4 Marx, Gesch. von Trier, ib, p. 163. L'ordre suivant fut édicté en 1590 pour le comté de Diez : « Les autels seront abattus, on fera dans les toits et dans les caves des perquisitions pour découvrir partout toutes les idoles cachées, et on les