‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 40 sur 315 · S1TÜATI0N DES PROTESTANTS VIS-A-VIS DES CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

S1TÜATI0N DES PROTESTANTS VIS-A-VIS DES CATHOLIQUES

se foodre en un tout vivant, homogène, ni devenir une unité organique. Au contraire, hostiles pour la plupart l'une à l'autre, les Eglises ne s'unirent jamais que pour résister à « l'Antéchrist maudit, au Pape do Rome et à sa cabale ».

On lit dans un opuscule publié en 15Ö8 : «Tous les chrétiens évangéliques, bien que séparés sur beaucoup de points, doivent s'unir fraternellement et chrétiennement pour détester et maudire d'un commun accord et de tout leur cœur l'Antéchrist de Rome, ce fils do perdition, évitant et fuyant autant que possible, afin de n'être point souillés, le commerce des papistes, des serviteurs de l'Antéchrist et de l'idolâtrie. Us doivent agir ainsi par compassion chrétienne, selon les maximes de la divine parole, afin que les papiste?, éclairés sur le bourbier dans lequel ils croupissent, songent enfin à se convertir *. » Presque généralement, on faisait un devoir aux Evangéliques de tenir pour très véritable le jugement porté dans cette même année par le synode général de Hesse dans une « Instruction Chrétienne » adressée aux fidèles. Les papistes y étaient qualiliés de blasphémateurs, d'idolâtres, de serv iteurs de l'Antéchrist; non seulement on devait se garder de faire tenir un enfant sur les fonts baptismaux par un catholique, mais, selon le précepte de l'Apôtre, il fallait éviter d'avoir aucun rapport avec « l'impie ». « Nous devons, » prescrivaient les surintendants, « fuir la compagnie des papistes, éviter de manger avec eux, et ne jamais les saluer quand nous les rencontrons sur notre route2. »

Une telle manière d'agir ne concordait guère avec cet article du traité d'Augsbourg : « Les querelles religieuses doivent cesser et faire place à la bonne intelligence entre chrétiens; en conséquence, des mesures pacifiques et cordiales vont être adoptées. » «Dans toutes les conditions, a avait dit ce même article, « les chrétiens, malgré la différence de religion, doivent porter à leurs frères une véritable et cordiale affection, une charité toute chrétienne. »

Mais en réalité le duc Christophe de Wurtemberg exprimait mieux lo véritable sentiment des princes protestants, le jour où il écrivait au Landgrave de Hesse « que, lorsqu'un prince chrétien (c'est-à-dire protestant], coucluait une ligue politique avec un pouvoir catholique,

' Der abgöttische Baaldienst der Papisten und die ernsthaftigen [Pflichten eines evangelischen Christen, aus Gottes heiligem Worte dargestellt (sans indication de lieu, 1358).

* Voy. Heppe, Generalsgnoden, t. I, Recueil de documents, 3,10. — Voy. t. I, p. 33-34. En 1393, le synode de Cassel décide « qu'il faut 9e tenir éloigné du baptême idolàtrique des papistes, et que les predicants, dans leurs sermons, doivent avertir les fidèles de ne pas se prêter, comme parrains, aux abominations des baptêmes catholiques, entaches d idolâtrie. Zeilschrift fur hessische Geschichte und Landes Kunde, l. III, p. 3Ü-323.

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