‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 41 sur 315 · SITUATION DES PROTESTANTS VIS-A-VIS DES CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

SITUATION DES PROTESTANTS VIS-A-VIS DES CATHOLIQUES

il tentait manifestement le Dieu tout-puissant, et qu'on était en droit de lui demander, comme autrefois lo prophète Jéhu à Josaphat : Est-il permis de venir en aide à un impieet de fraterniser avec ceux qui haïssent le Seigneur 1 ? »

Dans tous les paysallemands, la jeunesse protestante, dès l'époque de l'instruction religieuse, était imbue de préjugés haineux contre « les papistes impies ». Luther avait, le| premier, frayé cette voie en enseignant que l'Église entière avait été assujettie au démon jusqu'à l'avènement de son Évangile ; qu'à la place de l'Église un repaire d'assassins avait été établi; que, pendant des siècles, le diable avait gouverné la Chrétienté à la place du Christ ; que le Pape s'était constitué le représentant de Satan sur la terre ; que les évêques étaient ses apôtres, les moines ses créatures, la messe la plus horrible abomination qui se pût concevoir, le Purgatoire un épouvantail inventé par le diable. Dans son grand catéchisme, il avait cnlassii les injures les plus sanglantes, les plus amères contre tout ce qui lui déplaisait dans l'Église catholique. Il avait affirmé qu'aucun papiste ne reconnaissait Jésus-Christ pour le maître des hommes, ni le .Saint-Esprit pour l'auteur de notre sanctification. « Autrefois, » avait-il répété, « nous appartenions au démon, comme les payens qui no savent rien de Dieu ni de son Christ. » Insistant sur l'absolue nécessité de la prière, il avait dit : a On a tellement enseigné au nom du diable que personne jusqu'à présent n'a fait attention à la qualité que doit avoir la prière; que Dieu exauce ou non, peu importe. » « Le pape de Rome est le chef suprême de tous les bandits ; il a accaparé les biens du monde entier, il les détient jusqu'à co jour 2. »

Fidèles à ces leçons, et défigurant sans scrupule l'enseignement constant du clergé catholique, les prédicants persuadaient aux enfants que les catholiques faisaient profession d'idolâtrie. Nous lisons dans le catéchisme du Mecklembourg : « Les papistes enseignent qu'il faut adorer non seulement Dieu, mais des hommes morts, o A. la question : « Qu'est-ce que l'Antéchrist? » les enfants devaient répondre : « L'Antéchrist est l'ensemble de la papauté fondée par le diable ; il dénature la doctrine de Jésus- Christ, adore les saints qui sont morts, interdit le mariage et certains aliments, et conduit droit à l'enfer tous ceux qui y adhèrent et qui meurent dans l'impéoitence3. »

' Sattler, t. IV, Documents, p. 161-162.

* Grosser Catechismus, Sammll. Werken, t. XX, p. 37-38, 74, 101-103. — Vov. p. 00, 106, 110-111.

J Dus kleine Corpus Doclrinae de Mathieu Judex, calhcchismc du Mecklembourç d'après l'édition de lo6o. C. M. Wiochinauu nous a en donné une édition fidèle

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