‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 50 sur 315 · Ü4 LE HOI MAXIMILIEN ET LE RKCEZ DE FRANCFORT · texte numérisé non relu

Ü4 LE HOI MAXIMILIEN ET LE RKCEZ DE FRANCFORT

les plus sévères. Aux consistoires et aux surintendants allaient être adressés des questionnaires indiquant exactement la manière dont ils auraient à se comporter envers toute personne suspecte dans les discussions qui pourraient survenir. Du reste, aucun individu (à plus forte raison aucune Église évangélique) ne serait condamné avant d'avoir été entendu. Si quelqu'un, après mûr examen, était convaincu d'avoir enseigné ou agi contrairement à la Confession d'Augsbourg, sa charge lui serait immédiatement retirée, et il serait déclaré indigne d'enseigner ou d'exercer à l'avenir le ministère paroissial. On aviserait de son hérésie les princes et membres d'Empire, afin que nul docteur d'erreur ne pût recevoir encouragement ou emploi dans n'importe quelle partie de l'Allemagne.

Le zèle religieux des princes protestants était entretenu et encouragé par Maximilien de Bohême, fils ainé de l'Empereur. Ce prince avait avoué franchementau duc Christophe de Wurtemberg ses sympathies pour la Confession d'Augsbourg. Il avait fondé les plus grandes espérances sur le Colloque de Worms, qu'il s'était un instant flatté de voir présidé par son père1. Ce fut doucavecun vifdéplaisir, comme il l'écrivit à Christophe,^ u'il apprit son mauvais succès; la joie qu'allaient en ressentir « les serviteurs de Satan » affligeait son cœur. « Le Pape, écrivait-il, » vient d'envoyer un ambassadeur à mon père pour lui faire connaître toute la satisfaction que lui causent la dissolutionjdu Colloque et les fautes du parti protestant; il espère que mon père l'aidera à délivrer l'Empire « de la peste de l'hérésie » et n'autorisera plus à l'avenir'de semblables assemblées ouconventicules. Telle est à peu de chose près sa loyale ou, pour parler en bon allemand, son diabolique langage. » En 1557, Maximilien, pour se consoler, propageait en Pologne la doctrine protestante. Avant la signature du recez de Francfort, il pria Christophe de lui envoyer les écrits de Luther, de Mélanchthon, de Brenz « et autres théologiens do la vraie religion ». Quelques mois après, il s'ouvrit au duc du grand désir qu'il avait de voir l'union se faire entre tous les Protestants. « Co serait là, évidemment, » disait-il, « le meilleur moyen de tordre le cou au Pape. » Christophe lui répondit, le 13 juillet 1558, qu'il était fermement résolu, quant à lui, à travailler de toutes ses forces à la concorde, afin « que la tyrannie de l'Antéchrist fût enfin abattue ». Le 17 juillet, le duc s'informait auprès de Maximilien de l'état de santé de l'Empereur, que les médecins, avait-il entendu dire, conservaient peu d'espoir de sauver. Dans le

• Kuuler, (, II, p. 35, nolctiO.

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