‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 60 sur 315 · CHRISTOPHE · texte numérisé non relu

CHRISTOPHE

Chistoplie de Wurtemberg était fermement convaincu que l'autorité spirituelle découle nécessairement du pouvoir du prince, et que le gouvernement de l'Eglise est le premier et le plus important de sos devoirs. Au prince à enseigner la vraie doctrine, au peuple à croire avec docilité. « Plusieurs pensent, » disait-il, « que le souverain ne doit se préoccuper que du gouvernement temporel; pour moi je suis d'un avis tout différent, et je regarde comme ma mission spécialo, comme la plus sacrée de mes obligations, de donner au pays dont la destinée m'est confiée la pure doctrine de l'Evangile et de servir ainsi les intérêts de l Église du Christ; le maintien de l'ordre temporel n'a qu'une importance secondaire à mes yeux 4. »

Préoccupé de cette idée et pour établir « la pure doctrine » en sa principauté, il déclara à tous les prédicants que le recez de Francfort serait désormais la formule définitive de la religion, la régie immuable de la doctrine et de la vie chrétienne. Ordre fut donné aux fonctionnaires civils, et même aux baillis de village, de s'enquérir sans retard de tous les sectaires, de tous les partisans obstinés d'erreurs détestables : sacramentaires, anabaptistes, disciples de Schwenkl'eld et autres, do se saisir de leur personne, puis de les signaler à son chancelier, et de faire partout publier que quiconque donnerait asile àde semblables séducteurs encourrait de sévères châtiments corporels, l'exil ou la confiscation des biens2. Mélanchthon, qui, jusqu'en novembre 1557, avait joui de sa pleine confiance 3, lui devint tout à coup suspect. « Mélanchthon, »

1 Schmidt UM) Pfister, Denkwürdigkeiten, t. I, p. 58.

* Kisciilin, Suppl., p. 27îi. Voy. Hartmann, pp. 160-iOi.

3 Voy. Kugleii, t. II, pp. 163-104. j

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