‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 66 sur 315 · SITUATION GÉNÉRALE DE L'EMPIRE. — LA « RÉSERVE ECCLÉSIASTIQUE · texte numérisé non relu

SITUATION GÉNÉRALE DE L'EMPIRE. — LA « RÉSERVE ECCLÉSIASTIQUE

DIÈTE D'aUGSBOURG .

Le fait n'était que trop certain : l'Empire a affaibli, humilié, était devenu la risée des nations étrangères ».

À dater du jour où l'on avait officiellement renoncé à l'espérance de voir refleurir la paix religieuse, la Papauté avait perdu l'influence universelle qu'elle avait jusque-là exercée, et l'Empire chrétien, dans le sens où l'avaient entendu nos pères, cessa d'exister. Sous l'égide de la a prétendue liberté allemande >, toute insubordination, toute résistance envers le chef suprême de l'Empire fut excusée, et peu à peu se forma ce funeste système politique qui devait aboutir à la dissolution de l'Empire, transformer les princes souverains en maîtres indépendants et trop souvent en tyrans de leurs sujets, médiatiser la nation allemande, et lui ravir sa puissance et sa gloire. Les intérêts généraux de la patrie furent abandonnés de la plus honteuse manière ; les tristes querelles des partis religieux dévorèrent les forces vives de la nation. « Le peuple allemand, » écrivait en 1570 Lazare de Schwendi, » voit son antique renom décliner, la puissance impériale n'existe presque plus, ce n'est plus qu'un fantôme. » Neuf ans auparavant (1561), l'ambassadeur d'Espagne, le conte Luna, écrivait à Philippe II : « En vérité, l'Allemagne est dans un pitoyable état ; non seulement les affaires religieuses y vont de mal en pis, mais le souverain n'est plus obéi; personne ne lui reste fidèle, et le prestige du roi romain est plus que médiocre, il est nul *. »

Depuis que Charles-Quint, sous lequel l'Empire semblait avoir atteint l'apogée de sa gloire, s'était retiré de la scène politique, l'Allemagne avait perdu sa prépondérance sur les grandes puissances européennes; elle avait même cessé d'y tenir son rang, et n'était

» Schmidt, Allgemeine Zeitschrift fur Gesch., t. VIII, pp. 21-22.

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