‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 67 sur 315 · SITUATION INTÉRIEURE DE L'EMPIRE. 1556. GS · texte numérisé non relu

SITUATION INTÉRIEURE DE L'EMPIRE. 1556. GS

plus mêlée à la politique extérieure. Sous Maximilicn Ier, la Suisse s'était détachée de l'Empire; sous Charles-Quint, les états de l'Ordre Teutonique étaient devenus fief polonais; la trahison de Maurice de Saxe avait entraîné le premier partage de l'Allemagne; du côté de la France, les trois plus importantes villes frontières étaient perdues pour l'Empire; un instant on avait mémo pu craindre que Strasbourg, la clef de l'Alsace et du Haut-Rhin, ne devînt cité française. Les rois de Franco briguaient la couronne impériale; ils étaient à la tête de tous les ennemis de l'Allemagne; en 1557, on tremblait encore, du côté du Rhin, de voir réussir « les grands complots français 1 ». L'ambassadeur de Venise, Frédéric Badoero, mandait à la République, cette année-là même, que l'Electeur palatin, Frédéric II, faisait tous ses efforts pour former une liguo entre les Electeurs du Rhin et Henri II 2.

La situation intérieure était tout aussi lamentable. Le vénitien Michel Soriano, accrédité à la cour de Ferdinand, tenait l'Allemagne « pour l'état le plus corrompu et le plus mal policé de lEurope 3 ». « Le désordre augmente en dépit de la paix d'Augsbourg; une inimitié amère et sans remède divise tous les esprits, » écrivait Guillaume Mélander à l'un de ses amis de Paris vers la fin de 1556; « plus de sécurité publique, ce qui nuit extrêmement au commerce et à l'industrie ; des bandes de malfaiteurs parcourent les provinces et rançonnent impunément les habitants des plaines *. »

Les délégués envoyés par les cités à la Dicte de Ratisbonne (1557) se plaignent, dans leur adresse à Ferdinand, « qu'en dépit de tous les édits, jamais les vols, les attentats n'ont été plus fréquents sur les routes impériales, et que les choses en sont venues à un tel point que, dans quelques contrées, les honnêtes gens osent à peine quitter le seuil de leur maison, encore bien moins exposer leur personne et leurs biens aux hasards d'un long voyage ». « En l'espace de quelques jours, un grand nombre de fourgons de marchandises exportées des Pays-Bas, de la Suisse ou d'autres pays alliés de l'Empire ont été attaqués en route et pillés; et, ce qui est encore plus grave, beaucoup de personnes inoflensives et honorables ont été traînées en prison, puis lâchement assassinées. Quelquefois des

1 Voy. ScHUMACltEH, t. I, p. 305.

s «... c stato aulore di far una Icça che è tenu ta scçreta, ira loro clcttori del Rcqo c S. M. Chrislianissima.L'Imperadorefa queste cosedissimulando. » Albéri, Ser.I, vol. III, p. 216.

3 « Guastissïmo et corruttissimo. » Voy. Schmidt, Neuere Gesch., t. II, pp. H6,

* Miszellaneen gemeinnützigen Inhaltes, pp. 72, 73.

iv. S

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