‹ L'Allemagne et la réformeChapitre 74 sur 315 · DÉLIBÉRATIONS POLITIQUES ET RELIGIEUSES A LA DIÈTE D'AUGSBOURG · texte numérisé non relu

DÉLIBÉRATIONS POLITIQUES ET RELIGIEUSES A LA DIÈTE D'AUGSBOURG

tiser toutes les doctrines qui y seraient contraires1. > Gomme l'Empereur, convaincu, depuis Worms, de l'inefficacité de tout essai de conciliation et d'accord en cela avec tous les membres d'Empire catholiques, regardait le Concile comme le meilleur et le plus sur moyen de rétablir l'unité de la foi, les Protestants déclarèrent qu'ils ne l'accepteraient qu'à la condition qu'il ne serait pas convoqué par le Pape ni soumis à son autorité ; que les évêques seraient déliés de leur serment envers lui ; que rien n'y serait décidé que « d'après la parole de Dieu »; que les Confession istes y auraient la priorité, et qu'avant qu'il ne s'ouvrit tous les décrets déjà promulgués seraient déclarés « nuls et non avenus 2 ».

C'est ainsi que tous purent se convaincre de ce que les clairvoyants savaient depuis longtemps, c'est-à-dire « qu'une entente avec les membres d'Empire séparés de l'Eglise était chose impossible à obtenir, d'autant plus qu'ils étaient en guerre et dispute perpétuelle les uns avec les autres ». Tant de paroles mordantes furent échangées, on en vint à de telles injures jusque dans les hôtelleries, que l'Empereur crut faire sagement de renoncer à faire accepter le Concile aux Confessionistes3. Dans le recez d'Empire, on adopta la formule suivante : « La discussion des questions religieuses est remise à une prochaine et meilleure occasion. »

Le but que les princes protestants poursuivaient avec le plus d'ardeur, alors comme à l'époque de la Diète de Ratisbonne, c'était la suppression de la Réserve ecclésiastique ; mais ils s'étaient trompés en se flattant que la querelle de Paul IV et de Ferdinand rendrait ce dernier plus accessible à leurs désirs.

Christophe de Wurtemberg, pour combattre la Réserve, insista sur les graves erreurs de la doctrine catholique, sur les scandales si fréquents dans le clergé, sur l'injustice criante qu'il y aurait à contraindre un prélat de sortir de charge dans le cas où il se serait chrétiennement acquitté de tous ses devoirs et qu'il aurait fidèlement nourri ses ouailles du pain de la parole de Dieu. « Non seulement, » dit-il, « les fidèles se verraient ainsi privés des instructions de leur pasteur, mais on les contraindrait d'en écouter un autre, dont la doctrine et les mœurs seraient en complète opposition avec la parole divine4. » A l'entendre, on eût pu croire que tout prélat ayant abjuré la foi catholique était irréprochable, et que ses ouailles n'avaient rien de mieux à faire que d'adopter la religion de leur

* KxuciuiOHK, Briefe, t. I, pp. 15-19.

* Planck, Anecdota ad hist. concilii Trident., fasc. 23.

3 * Von Reichshyndlungen ru Augsbury i559 und i5tiG, fol. 7.

* Kugler, t. II, pp. 125 126, note.

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