DÉLIBÉRATIONS POLITIQUES ET RELIGIEUSES A LA DIÈTE D'AUGSBOURG
évéquedu moment où la fantaisie lui prendrait d'abolir la doctrine, le culte et les cérémonies catholiques; libre à elles, si elles s'y refusaient, de chercher asile en un autre pays, comme la paix de religion leur en reconnaissait le droit.
L'Electeur palatin Frédéric III, outre la suppression de la Réserve, réclamait une « explication nette au sujet de la manière dont les articles de la paix d'Ausbourg devaient être entendus pour les simples sujets » . « 11 est louable, » dit-il le 1er mai au conseil privé des Protestants, « de combattre pour la liberté du clergé, mais il ne faut pas oublier les pauvres gens qui, dans la paix d'Augsbourg, semblent très mal partagés. On doit avoir autant égard à eux qu'aux grands et puissants personnages1, car aussi bien que les princes ils doivent bénéficier de la liberté religieuse. )> D'autre part, Frédéric jugeait indispensable de bien stipuler que ledroit de changer de religion ne devait être accordé qu'aux sujets catholiques qui désireraient adhérer à la Confession d'Augsbourg, et qu'il fallait le refuser aux Protestants demandant à rentrer dans le giron de l'Eglise Catholique. C'est dans ce sens qu'il entendait « l'explication nette » qu'il fallait obtenir de l'Empereur. Reprenant les termes d'une instruction que son prédécesseur Otto Henri avait jadis donnée à ses ambassadeurs, il répétait « que la paix de religion ne devait pas être entendue en ce sens que les Luthériens fussent jamais libres d'embrasser la religion papiste dès que la fantaisie leur en prendrait, puisque évidemment une telle liberté ne pouvait être concédée à personne : « Aussi voulons-nous que vous soyez bien avertis de nos intentions et do nos ordres sur ce point, atin que vous ne laissiez tellement la porte ouverte qu'il soit jamais loisible à mes sujets ou à ceux d'autrui d'apostasier si bon leur semble. » L'Electeur motivait ainsi sa ligne de conduite : « Puisque nous sommes persuadés que notre religion est la seule vraie, il est clair qu'il nous est impossible de tolérer que nos sujets l'abandonnent et la désertent. » « Nous ne pourrions devant Dieu prendre une telle responsabilité, d'autant plus que cette question .de conscience pourrait amener des troubles et du désordre dans nos états a. »
Frédéric avait coutume de dire : c Les consciences de mes sujets sont à moi, » exprimant ainsi le principe du plus pur « césaropapisme3 ». 11 trouvait dans cet axiome la justification de tous les attentats commis contre la liberté de conscience.
Il ne pouvait être question « de persécution » que lorsque les
» Kujckuoiln, Briefe, t. I, p. 93. Voy. 1. 1, pp. 21-22. * Kluckhoiix, Briefe, t. I, pp. 21-22, note, a Wittmann, p. 49.