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ÉTAT DE LA RELIGION ET DES MŒURS EN BAVIÈRE

Cependant on remarquait encore çà et là quelques pieuses communautés. Les Bénédictins de Metten, gouvernés depuis le commencement du siècle par des Abbés fervents et éclairés, mettaient le plus grand zèle à enrichir leur bibliothèque d'ouvrages précieux, et cultivaient les sciences avec succès. Le protestant Gaspard Bruschius fait l'éloge de l'Abbé Wolfgang (1526-1538), qu'il appelle un homme pieux et intérieur ; il vante aussi l'Abbé Carle (1535-1537) pour la pureté de ses mœurs et son amour de la science *. « Mais, » écrit Jean Eick, « le nombre des bons monastères devient de plus en plus rare, de même que, de tous côtés, le nombre dos prêtres et des religieux fervents diminue, parce qu'il y a toujours moins de personnes qui se vouent à l'état ecclésiastique ou songent à entrer en religion. L'hérésie trouve de nombreux adeptes jusque dans les cloîtres, et, s'ils n'en étaient empêchés par le pouvoir civil, nous verrions un grand nombre de moines se marier, partager entre eux les biens du monastère, et donner leur conduite pour l'heureux fruit de la doctrine évangélique qu'on nous prêche actuellement. »

Le peuple perdait peu à peu la foi. Aux Etats de Landshut (1553), il est question des fréquents brisements d'images et de crucifix, de l'abandon des pèlerinages 2, du mépris où le saint sacrifice est tombé 3 et de l'abaudon de la confession, surtout dans la noblesse4.. Un prêtre, étant allé en pèlerinage à Altôtting précédé d'un portecroix, fut assailli et mortellement blessé sur la route. En Bavière, les âmes semblaient être tombées dans une fatale léthargie. « La prière, l'assistance aux offices, les pèlerinages, enfin tout ce qui est dévot et chrétien n'était plus ou presque plus en usage 5. » A Augsbourg, le jour de la fête du Saint-Sacrement, vingt personnes seulement suivirent la procession; la jeunesse catholique fréquentait les écoles protestantes et grandissait dans la foi nouvelle °.

Sous leduc Albert V, qui avait succédé à son père Guillaume en 1550, le nombre des nouveaux croyants alla toujours en croissant. Albert, lorsqu'il prit la direction des affaires publiques, semblait être enclin au plaisir beaucoup plus que ne l'avait été son père : il aimait la bonne chère et les bons vins. En religion, il voulait, selon l'expression du temps, «rester l'homme du juste milieu»; comme tous les princes de la Confession d'Augsbourg, il prétendait être évêque en

1 Voy. Mittermuller, pp. 124-126.

* Frf.yberg, Landstände, t. II, p. 318.

3 Meichelbeck, Chron. Benedicto-Baranum, t. I, p. 253.

* Voy. Hemmauer, Histor. Entwurf des Closters-Ober-Altaich, p, 329.

* Voy. Agricola, t. I, p. M.

* D'après Gaudentils, Documents, t. I, p. 61.

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