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ETAT DE LA RELIGION ET DES MOEURS EN BAVIÈRE

blis. r Le calice laïque, » disaient- ils, « a partout engendré l'hérésie. Plusieurs prêtres ont contracté l'habitude de consacrer en dehors de la messe et de donner l'Eucharistie sans confession préalable; d'autres enseignent que, sous l'espèce du pain, il n'y a que le corps de Jésus-Christ; que sous l'espèce du vin, il n'y a que son sang, et que chaque espèce forme la moitié seulement du sacrement ; d'autres ne regardent plus la sainte Eucharistie que comme un symbole. »

« Parmi nos curés et nos prêtres, t> écrivait le duc, « on rencontre des Luthériens, des Zwingliens, des Flaciniens, des Anabaptistes; quelques-uns font revivre parmi nous les hérésies manichéennes; d'autres, les erreurs des Eunomiens; c'est à peine si l'on peut espérer pouvoir jamais arracher tant d'ivraie. » « Hommes et femmes de toutes conditions, » dit-il dans un document officiel publié le 29 juillet 1558, « se permettent, soit en secret, soit dans les maisons particulières, dans les assemblées, dans les boutiques et les hôtelleries et jusque dans les églises, de parler et de disputer, avec mille sarcasmes contre leurs propres pasteurs et prédicateurs, contre les guides de leurs âmes. Ils attaquent le mystère du très saint sacrement et les principaux articles de la foi chrétienne, blasphèment d'une façon criminelle et exécrable, et répandent de tous cotés le poison de l'erreur » Une enquête, ordonnée entre 1558 et 1559, montre en quel triste état étaient à cette date les mœurs chrétiennes. La plupart des prêtres séculiers de la Bavière vivaient en concubinage, au vu et su de tout le monde. Beaucoup ne voulaient plus admettre que deux sacrements. Par suite de la négligence des évêques, le sacrement de confirmation n'avait pas été administré de mémoire d'homme dans beaucoup de paroisses. Le nombre de ceux qui ne s'approchaient plus de la sainte table croissait d'année en année.

Le peuple « était devenu semblable à une bête fauve ».

Un prêtre avoua aux enquêteurs que, lorsqu'il allait à la campagne, « il était obligé de porter sur lui un mousquet chargé, parce qu'il se sentait à la merci d'un peuple méchant »; un autre raconta que, pendant la célébration du saint sacrifice, il lui était arrivé plus d'une fois d'être arraché de l'autel par des furieux, tandis que les vases sacrés étaient profanés par la populace. En plusieurs communes, un grand nombre de personnes, en l'espace de huit ou dix ans, n'avaient pas une seule fois mis le pied à l'église *. « J'ai entendu bien des curés se plaindre, » écrit l'auteur d'un mémoire publié en 1559, « que

1 Hcjschbf.ro, p. 371, note 1.

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