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ÉTAT RELIGIEUX ET MORAL DES TERRITOIRES ECCLÉSUSTIQUES. H

très peu d'hommes assistassent encore aux offices du dimanche ; l'auditoire se compose en grande partie de vieilles femmes et d'enfants. Autrefois, à Pâques, des centaines de chrétiens se pressaient autour de la table sainte ; aujourd'hui/c'est à peine si sept ou dix personnes s'approchent des sacrements à cette époque de l'année. C'est avec une profonde douleur qu'on a vu un jour, en pleine rue, un prêtre portant le Saint-Sacrement à un malade assailli par de mauvais garnements qui déchirèrent ses habits et, après l'avoir fait tomber dans la boue, lui en salirent le visage. Un autre, tandis qu'il prêchait sur la Sainte Vierge, reçut une poire en pleine figure, ce qui provoqua les rires de toute l'assistance. A Schärding, depuis quelques années, le jour de Pâques, on vide un grand tonneau de bière à l'église. Un curé a vu son presbytère incendié pour avoir refusé de prêcher à la mode évangélique sur la résurrection de la chair ; s'il exhorte ses auditeurs à faire pénitence, ils le menacent de la potence, disant que ce sont là de vieux rabâchages et qu'il ne faut plus leur parler de toutes ces « mômeries papistes ». Au lieu d'aller à l'église, de se confesser et de jeûner, on fait bonne chère ; le blasphème, l'adultère, le meurtre deviennent fréquents, la licence règne partout, et les édits, les menaces des autorités ne servent absolument à rien ; il n'y a plus de crainte de Dieu, et la liberté évangélique dont on se vante n'est que le honteux manteau de tous les vices 2. »

Comme l'Autriche et la Bavière, l'archevêché de Salzbourg, enclavé entre ces deux pays, se trouvait, sous le rapport religieux, dans la plus déplorable situation. Ernest de Bavière (-{- 1554) et Michel de Khiienburg (4* i960) avaient pourtant donné les plus nobles exemples. « Ernest était zélé, exemplaire, économe ; Michel, de mœurs irréprochables, exact à tous ses devoirs, bienfaisant envers les pauvres, surtout envers les étudiants 3. »

Les chanoines, au contraire, au dire d'un réformateur catholique, menaient une vie scandaleuse. « En général, ce sont des laïques, issus de la plus haute noblesse; gens querelleurs et turbu-

1 Pour plus de détails, Voy. Sugenheim . pp. 53-55. Aretin , Maximilian, pp. 86-88.

* Vom Jammer, etc., feuilles 7, iO.

» Voy. Wölk, Geschichtliche Bilder, pp. 17Ö 177.

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