‹ L'Allemagne et les AllemandsChapitre 14 sur 35 · AVÈNEMENT DE FRÉDÉRIC I*-^ BARBEROUSSE · texte numérisé non relu

AVÈNEMENT DE FRÉDÉRIC I*-^ BARBEROUSSE

reur frivole par tempérament et par éducation, qui vit comme un aventurier, et qui, persécuté par ses fils, s éteint comme un pauvre mendiant (1). Et pourtant cet homme n*avait pas été mauvais au fond ; son crime était de méconnaître son époque et de ne pas savoir se gouverner lui-même. Un siècle plus tard va commencer la seconde lutte , plus grandiose , plus longue, plus violente encore, et à forces égales : nous y verrons des papes éminents combattre à outrance contre un empereur colossal , et TEmpire s'écroulera à jamais, pour ne plus se relever, sous les coups redoublés de T Eglise romain^ et de la haute aristocratie allemande. Alors commencera cette longue ignominie de l'Allemagne , qui s'est perpétuée pendant six siècles jusqu'aujourd'hui.

DIXIÉHE TABLEAU.

L'empereur allemand Frédéric V Barberousse monte sur le trône.

Après son père Henri IV le Frwole , règne l'empereur Henri V le Maiwais Fils. Il se sent de la valeur , il veut suivre les traces de son aïeul Henri III Vln^fincible, de cet homme de bronze , comme un historien l'a qualifié. Mais Henri V n'y réussit point ; il fait le pape Pascal II prisonnier, qui lui avait proposé, et retiré après, des réformes ecclésiastiques très-avantageuses pour le pouvoir impérial ; si elles avaient été réalisées , la séparation radicale de l'Etat politique et de l'Église spirituelle eût été accomplie , les prêtres seraient redevenus pauvres et vertueux comme aux

(1) Il vendit à la fin ses boites pour se payer son dîner.

Ui L'ALLEMAGNE ET LES ALLEMANDS.

premiers temps du christianisme, et l'Empereur aurait reçu toutes leurs immenses richesses.

Ayant été couronné par le pape, Henri V le met en liberté et retourne en Allemagne ; mais le bas peuple préfère rester sous la domination territoriale des archevêques , moins barbares que les seigneurs. Les seigneurs allemands sont comme toujours jaloux du pouvoir impérial , et les archevêques ne veulent pas redevenir pauvres : le pape est donc forcé à annuler tout et à mettre Henri au ban , sous le poids duquel son père avait souffert pendant toute sa vie . Henri conclut enfin unepaii générale avec les seigneurs d'Allemagne, et fit forcément au Saint-Siège les concessions les plus larges: trois ans plus tard il mourut navré de chagrin, le dernier de la maison francosalienne, après avoir nommé héritier universel de toutes ses possessions, le duc de la Souabe son parent, Frédéric de la maison Vaïblingue ou Hohenstaufe.

Aux bords du Rhin, sur le grand champ d'élection, les quatre puissantes tribus, les Saxons, les Franconiens, les Souabes et les Bavarois, élurent empereur Lothaire, un seigneur saxon

Une guerre civile très-inutile et très-cruelle entre le parti des Velfes, ou comme on le prononçait en Italie, des Guelfes, et celui des Vaïblingues ou Ghibelins, fut terminée sur les instances de saint Bernard, abbé de Clairvaux, le plus éloquent et le plus pur des moines d'alors ; sans cela, la maison ghibeline aurait probablement été exterminée.

L'empereur Lothaire, surnommé l'Homme du Pape, avait de la bravoure et de l'ambition , mais il ne comprenait pas la sublime idée impériale de Henri III l'Invincible. A Rooie, il s'agenouilla devant le pontife Innocent II, et reçut de fiCB mains la couronne comme un vassal. Cette scène humiliante fut représentée dans un tableau avec l'épigraphe : P^oj'ez le Roi qui devient f Homme du Fape^ et ce tableau fut mis SU

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