TREIZIÈME TABLEAU
L'Empire commence à décliner.
Le jour de la mort de Frédéric-le-Glorieux est anssi le jour où commence la longue et douloureuse décadence de l'Allemagne politique. Innocent IV se mit à la persécution des Ghibelins, avec la ruse de renard qui l'avait toujours caractérisé. D'abord, il ne fit pas même attention à Thutriblé offre de Konrad IV, fils de Frédéric, de souscrire à toutes les conditions du Saint - Siège , pourvu qu'il fut reconnu empereur. Manfred, le jeune prince de Tarent, filsdeBVédériClI le Glorieux, et aussi intelligent, aussi beau, aussi chevaleresque que son frère Enzio, le malheureux roi de Sardaigné, était très-aimé en Sicile, et en se mettant entièrement à la disposition de son frère Konrad IV, il devint extrêmement dangereux à la papauté. « Le vieux lion mort, cherchons â « tuer les lionceaux, » écrit Innocent. Et en effet, ce poiitife eut en 1294, quatre ans seulement après la mort du vieux Hon , le bonheur de voir le jeune empereur Konrad à'éteindre en Italie dans une fièvre violente. Cet événement si inattendu et si à propos, fut, par tous les Ghibelins, déciflré un effet du poison envoyé par le pape Innocent. Après cet exploit heureux, Innocent IV accuse le jeune Manfred d'avoir assassiné Konrad, et il réussit à le dénigrer aux yeux des Italiens. Tout de suite ce pape Innocent fait empoisonner en Italie Henri, fils cadet de Frédéric II, et deux de ses petits-fils. Manfred, regardant naturellement le pape comme son ennemi mortel, prit les armes et vainquit les papistes.