‹ L'Allemagne et les AllemandsChapitre 21 sur 35 · DÉCLIN DE L'EMPIRE · texte numérisé non relu

DÉCLIN DE L'EMPIRE

Le vieux pape mort , son successeur ne put pas encore déraciner la puissance ghibeline en Sicile, et Manfred fut proclamé roi de ce pays. Maïs en même temps» les Ghibelins, en Italie supérieure, furent exterminés. Leur chef, le cruel Ezzeline, mourut de ses blessures dans la captivité et sans daigner accepter le secours spirituel d'un prêtre. Son frère Albéric, d'un caractère moins dur, fut lié à la queue d^uri cheval, et traîné jusqu à ce qu'il fût déchiré. Le pape, vicaire de Jésus, de ce prophète de l'amour, ordonna de traiter tous les chefs ghibelins comme Albéric , et les atrocités en Vhon neur de Dieu devinrent telles, qu'un ébranlement cérébral éclata parmi la population lombarde. Sur la tombe d' Albéric, régardé comme martyr, prit naissance la secte des Fiagellans, qui parcoururent le pays en sanglotant et en priant, et qui se mortifièrent spontanément par des coups de fouets à nœuds de fer. Plus tard cette secte, qui espéra ainsi fléchir la colère de Dieu et obtenir son pardon pour tous les chrétiens, se propagea en Allemagne, le long du Rhin. Le roi Manfred entra en alliance avec un prince de la Grèce, dont il épousa la fille , appelée Hélène la plus belle de toutes les femmes, et avec un des rois espagnols, Pierre d'Arragon. Manfred et son malheureux frère Enzio avaient la beauté , l'intelligence, et le cœur de la dynastie ghibeline dont ils étaient les derniers rejetons. La cour de Manfred était comme une académie de troubadours et de chevaliers; lui-même fit souvent des poésies. Cette galanterie chevaleresque, cette bravoure héroïque déplut au Saint-Siège , et pour se débarrasser de ces impies Ghibelins, il s'adressa enfin au frère de Louis IX le Saint, roi de France. Le prince Charles d'Anjou, un être abominable sous tous les rapports de l'âme et du corps, était la véritable incarnation deridéeopposéeàcelle des princes ghibeUns. Le frère de saint Louis était d'une laideur rare, d'un caractère morose, taciturne et sanguinaire, rempli

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d'un respect aveugle pour l'Église, ennemi juré de tout homme qui ne se jetait pas aux pieds du pape, des prêtres et des moines. Louis, ce roi si débonnai re et en même temps si bigot, qui signa avec empressement les borribles décrets conti^e les hérétiques albigeois de France ( 1) ; saint Louis mênie eat quelquefois peur du fanatisme aatanique de Charles, et paraît avoir été content de le voir partir de France. Ces deux frères nous représentent clairement le fenatisme chrétien dans sa double apparition. Tous deux ascètes, mortifiant leur chair par des ceintures de fer, par des coups de fouets, par des veilles et des jeûnes exagérés , tremblant à chaque mot d'un prêtre , remplie d'angoisses perpétuelles pour ie salut de leurs âmes, offrent, pourtant une différence biea tranchée. Louis IX sut combiner le fanatisme religieux avec un caractère doux et sentimental , Chéries d'Anjou sut Idî donner l'expression la plus brutale par un caractère mélancolique et féroce. Tous deux tombèrent sf)iiveiit dans un état extatique. Louis eut des visions célestes, tandis que le duc d'Anjou, tourmenté pendant toute sa vie par une maladie corporelle fort grave , eut à souffrir des hallucinations infernales. Ces deux malades couronnés décidèrent du sort des peuples.

Le plan de s'emparer de la Sicile ghibeline fut suggéra à Charles par les papes Urbain IV et Clément V, tous deu3t Français de nation. Avec le cri : ■ Dieu le veut ! allons occir^ " ses ennemis les Ghibelins de Sicile, - le duc débarque, éi arrive sous les nîurs de Bénévent par la défection de KicheR de Casète, qui n'ose pas défendre le défilé nnontagTieuïi cgntn Yffomme du Pape. Le 26 février 1266, Manfred est vûnci malgré son incroyable bravoure, et trouve k mort qu'il chef

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