‹ L'Allemagne et les réparationsChapitre 19 sur 40 · I. PRÉLÈVEMENT SUR LE CAPITAL, — Î]. PRÉLÈVEMENT SUR LE REVENU · texte numérisé non relu

I. PRÉLÈVEMENT SUR LE CAPITAL, — Î]. PRÉLÈVEMENT SUR LE REVENU

Tout le monde est d’accord,même parmi les plus ardents défenseurs de l'Allemagne, pour reconnaître que l'effort fiscal accompli par le peuple allemand depuis l’armistice a été très faible ; il a été invoqué, toutefois, à maintes reprises, pour excuser l'insuffisance de cet effort,que les mesures susceptibles d’être prises pour permettre au budget allemand de supporter la charge des Réparations auraient été inutiles, en raison des difficultés que soulève du point de vue économique le transfert aux Alliés des annuités fixées par l'Etat des Paiements du 5 mai 1921.

L'Allemagne, en effet, ne pourra s'acquitter de sa dette qu’en cédant à l’étranger soit une partie de son capital, c'est-à-dire ses maisons, ses valeurs, son or, soit une partie de son revenu, c’est-à-dire en exportant plus de produits qu’elle n’en importera. Les prélèvements qui ont pu ou qui pourraient être opérés sur le capital allemand sont relativement faibles; c’est donc par l'excédent de ses exportations sur ses importations que doit se faire pour la majeure partie le paiement des Réparations ; or il faut reconnaître que la difficulté pour l'Allemagne de développer suffisamment son commerce extérieur pour

satisfaire aux obligations mises à sa charge est considérable.

On peut admettre toutefois, que les Gouvernements alliés ayant donné, en maintes occasions, des preuves manifestes de leur désir de ménager leur débiteur auraient tenu compte de cette difficulté si celui-ci avait lui-même témoigné de sa bonne volonté à remplir ses engagements.

Mais, de même qu’il s’est révélé incapable de prélever sur ses ressortissants soit par l'impôt soit par l'emprunt les ressources qui lui étaient nécessaires pour s’acquitter de la dette de Réparations, le Gouvernement allemand n'a pas cherché à assurer, jusqu'à présent, le tranfert de richesses que comporte le paiement de cette dette. On

conçoit que pour mettre à la disposition des Gouverne-

ments alliés les devises étrangères, les produits (charbon bois, produits chimiques, etc...), et telles autres parties du capital et du revenu allemands susceptibles d’être acceptées par ces Gouvernements en paiement de leur créance, il fallait demander au peuple allemand un effort relativement considérable. Il s’agissait de transformer à cet effet, par une politique appropriée, toute l’économie allemande : aucune mesure cependant n’a été prise pour faciliter une telle transformation ; aussi, bien que l’Allemagne ait traversé jusqu'en 1923 une ère de prospérité indiscutable, les faibles paiements qu’elle a pu effectuer aux Alliés ont eu des répercussions très néfastes sur son économie nationale.

L’effort du Gouvernement allemand devait porter sur les deux points suivants :

1° Prendre toutes mesures susceptibles de faciliter des prélèvements du capital allemand au profit de l'étranger;

2% Aménager les conditions de la production et de la consommation allemandes de telle façon qu’une part du revenu allemand puisse être transférée aux Alliés.

On examinera ci-après dans quelle mesure la politique du Gouvernement allemand s’est appliquée à réaliser ce programme.

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