En fait cetté somme fut largement dépassée
2. En 1922 l’encaisse-or de la Reichsbank s'élevait encore à 1.070 millions ; à la suite de l’occupation de la Rubhr elle a été réduite à 467 mil- Lions de marks-or.
est à peu près certain que la plus grande partie du reste de ces valeurs passa par fraude à l'étranger.
Pas plus que pendant l'Armistice, le Gouvernement français n’a pu, au cours des trois premières années de mise en vigueur du Traité, obtenir de ses Alliés que fut exigé le transfert d’une partie de l’actif réalisable encore détenu par les Allemands.
Les négociateurs avaient pourtant fait introduire dans le Traité plusieurs clauses qui, dans leur esprit, donnaient le droit aux Alliés de se faire livrer une partie du capital allemand ; malheureusement, ici encore, par des interprétations pour le moins étranges, nos Alliés ont rendu ces textes inopérants.
La première disposition qui devait nous permettre d'obtenir dans un bref délai une compensation partielle aux dommages causés par l'Allemagne consistait dans le paiement, avant le 1° mai 1921 d’une somme de 20 milliards de marks-or « en autant de versements et suivant telles modalités (en or, en marchandises, en navires, en valeurs ou autrement) que la Commission des Réparations pourra fixer ». Il était convenu, toutefois, qu'une partie de cette somme devait être utilisée au paiement du ravitaillement de l’Allemagne et des frais des armées d’occupation.
Les valeurs étrangères restaient le principal élément pouvant servir au paiement des 20 milliards réclamés par les Alliés : en effet, comme on le verra plus loin, l’Allemagne ne dispose guère d’autres actifs facilement réalisables.
Le montant des dites valeurs aurait d’ailleurs permis à l’Allemagne de s'acquitter d’une bonne partie du montant qui lui a été réclamé avant le 1° mai 1921 ou des premières annuités de l'État des Paiements du 5 mai 1921 ;
avant la guerre le portefeuille étranger de l’Allemagne avait été estimé à 20 milliards de marks-or ; en supposant que 5 milliards aient été réalisés pendant la guerre et l’Armistice, pour payer les importations, que 5 autres milliards aient été constitués par des valeurs russes, autrichiennes, hongroises et bulgares dépréciées, on peutadmettre que l'Allemagne possédait encore au début de l’année 1920 dix milliards de valeurs étrangères. Aussi dès la mise en vigueur du Traité, le délégué de la France à la Commission des Réparations s'est-il efforcé d'obtenir que le Gouvernement allemand fut mis en demeure de livrer à cette Commission les valeurs étrangères qui restaient appartenir à ses ressortissants ; mais il ne put obtenir satisfaction et la Commission se contenta de notifier le & mars 1920, à l'Allemagne « qu'elle ne consentirait à aucun paiement par imputation sur Îles 20 milliards de marks-or, des produits alimentaires et de matières premières, qu’à la condition que le Gouvernement allemand prenne immédiatement toutes les mesures nécessaires pour acquérir toutes les valeurs qui sont en la possession de ses ressortissants et les appliquer à l’achat de ces produits alimentaires et matières premières indispensables. » Cette notification fut d’ailleurs de nul effet, et le Gouvernement allemand ne prit aucune mesure pour faciliter de cette manière le paiement de la dette qui lui incombe. Par suite, les sommes versées par l'Allemagne au 1° mai 1921 atteignirent à peine 7,5 milliards(1); sur ce montant, 2,5 furent constitués par des livraisons diverses aux Alliés (charbon, matières colorantes, bateaux, matériel de chemin de fer, prestations fournies en marks-papier ou en nature aux armées d'occupation) ; la décomposition du solde, c'est-à-dire des 5 milliards dépensés par l’Allemagne pour son ravitaillement nous est mal connue ; il est vraisemblable toutefois que les devises utilisées par le