LA CONFÉRENCE DE LA PAIX
Lorsque la Conférence de la Paix se réunit, seuls deux principes étaient établis :
1° Il ne sera pas exigé de l’Allemagne d’indemnité de guerre ;
2° L'Allemagne devra réparer les dommages qu'elle a causés.
Il restait à en trouver les formules d'application.
Le 25 janvier 1919, les chefs des Gouvernements décidaient de nommer une Commission en vue d'étudier et de présenter un, rapport concernant notamment : 1° le montant des réparations que les Puissances ennemies devront payer; 2° leurs capacités de paiement.
Après deux mois de travail, les conclusions de cette Commission sur ces deux points étaient les suivantes :
- I était impossible de fixer le montant des dommages de guerre. Le Gouvernement français, principalement,
insistait sur l'impossibilité de présenter aucun chiffre définitif.
Le seul point sur lequel un résultat était enregistré portait sur la détermination des catégories de dommages dont la réparation devait incomber à l'Allemagne. Cela n'avait d’ailleurs pas été sans difficultés : on sait la discussion à laquelle a donné naissance l'interprétation des textes de l’Armistice et de ceux qui l’ont précédé en ce qui concerne les frais de guerre, les dommages indirects et les pensions.
En réalité, la détermination des catégories de dommages était bien plutôt une question de répartition des versements de l'Allemagne entre les Alliés que celle d’en limiter le montant. On pressentait bien, déjà, qu'il serait difficile de contraindre l'Allemagne à rembourser toutes les sommes que les Alliés étaient en droit d'exiger d’elle en vertu des textes signés, et il ne s'agissait, en admettant ou en écartant certains chefs de réclamations, que de modifier les pourcentages de répartition des versements de l'Allemagne auxquels pourraient prétendre les Alliés. La théorie de M. Keynes suivant laquelle ceux-ci n’étaient pas fondés à réclamer à l'Allemagne le montant des pensions est, à ce point de vue, aussi fausse qu'inutile ; il n'est pas douteux que le texte très large de l’Armistice impose à l’Allemagne l'obligation d'effectuer ce remboursement (1) : bien plus, en supposant que les pensions