‹ L'Allemagne moderne [microform]; ouvrage illustré de [626] illustrations hors texte en couleurs et en noirChapitre 15 sur 164 · X.llil-. les .|l|■i^.•;l|.|,.^. ,.| I · texte numérisé non relu

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L'EMPEREUR AUX MANŒUVRES. - Stralèfje contestable, (luillaume M m- manque pas de sens militaire. Sa i.r.-sence au» manœuvre, stimule le zi-le des généraux dont il .ont rôle et discute les initiatives.

Pla.nchc 28.

LES ÉTENDARDS. — Ktiiicclants sous l'or des broderies, les drapeaux des nouveaux répimenis crées délilenl devant l'empereur, présentés par les olliciers porte-étendards.

Planche so.

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LA PRESENTATION DU DRAPEAU. — (;ii:i(|iie iiiiiu'-»' larrivéo des rocnirs donno litMi à iiiu' imposaivic céivmonii- inililairf oii les jfuiws soldais jiiionl. devant reniperciir, lidélilé à leur drapeau .

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AUX GRANDES MANŒUVRES. - l'resqut l»>ujuiir.> tpielipie prince Li.iiltilért' assiste aux «;raiuU's manii-uvres. A la halte représentée ici, on aperçoit le réffent de llriinswick, coifTc d'une shapska de fonrrure.

Planche in.

LALLE MAGNE MODERNE

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LA PKESKNTA I ION l'L DKAI'KAl u».-»- I ;ii-ii»..- .|i-h im ik». .|..iiii>- li.ii ;i iii.|M- .nlr

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Cette façon de confondre l'intelligence, l'esprit de discipline, la bravoure, l'autorité et le sentiment féodal me laissa confondu. Je voulais citer les exemples fameux, innombrables de notre histoire. Mais je me dis : « A quoi bon? »

La conversation continua :

« Il paraît que l'instruction de vos cadets, pourtant favorisés dans l'armée, laisse un peu à désirer.

— Leur instruction générale est, en effet, insuffisante. Ils entrent à l'école à dix ans, suivent à peu près les mêmes cours que ceux du real-gymnasium, en insistant particulièrement sur l'histoire militaire. Ils connaissent parfaitement toutes les choses du métier, mais, d'ensemble, leur culture est médiocre. »

J'interrogeai aussi sur l'état d'esprit des officiers vis-à-vis de la guerre. Un des plus brillants capitaines du grand état- major de l'armée allemande me dit :

« Ne croyez pas l'armée belliqueuse et piétinant d'impatience devant la frontière des Vosges. Il y a, certes, chez nous, comme partout, des gens qui ne pensent qu'à donner des coups sans songer à ceux qu'ils recevront. Mais l'état d'esprit général du corps des officiers est à la paix. Chacun a conscience de l'horreur de la prochaine guerre, et aucun ne la désire. Les officiers d'artillerie ont observé dans la guerre russo- japonaise que tous les officiers d'une batterie étaient tués, pour deux soldats touchés... Waldersee était pour la guerre. Depuis lui, je ne connais plus le fameux « parti de la guerre ».

« Il se peut, malgré cela, que la paix soit rompue demain (quoique je ne le croie pas), et on verra alors notre enthousiasme et notre foi aussi ardents que jamais, car nous sommes persuadés de notre supériorité sur vous. Et vous savez que la con-

fiance en soi est la moitié de la victoire. J'ai toujours dit à mes élèves : « Il v a « deux conditions absolues pour vaincre à « la guerre comme dans la lutte sociale : « savoir ce qu'on veut, bien le savoir, et « vouloir vaincre.

« L'idée la plus répandue en Allemagne, non seulement dans l'armée, mais dans toutes les classes de la nation, c'est que les Français n'attendent qu'une occasion pour faire la guerre. Et les journaux officieux se servent de cela pour pousser à de nouveaux armements. Mais je vous le répète : Pourquoi nous battre? A quoi bon? Je comprends la lutte de la barbarie contre la civihsation, ou de la civihsation contre la barbarie, mais que deux civifisations pensent à s'anéantir... Pourquoi avez- vous toujours les yeux fixés sur l'Alsace- Lorraine, quand tant d'autres questions s'offrent à notre entente?

« Quelle faute a commise Louis XIV en imposant le traité de Westphalie et en prenant l'Alsace ! Et combien Bismarck fut mal inspiré en exigeant la Lorraine ! Mais de Moltke jugea malheureusement cette annexion nécessaire à la paix future. Bismarck, qui eut bientôt conscience de sa faute, rêvait pour la France des compensations coloniales.

« Voilà ce qui, alors, se répétait souvent au mess. »

PROPOS D'UN MINISTRE RUSSE AU SUJET o o o o DE L'ALLIANCE o o o „ AVEC LA FRANCE o o o

Le général B... en voulait surtout à l'alliance russe. Il m' en parlait ainsi:

« La Russie ne fera jamais rien pour la France. Un sous- ministre russe avec qui je revenais de Saint-Pétersbourg il y a quelques années me disait en wagon : « L'Alhance française, nous crachons des- « sus {sic)... Elle ne fut faite qu'à la condi-

« tion de maintenir en Europe le statu « quo, ce qui équivalait à une alliance « allemande, puisque nous savions que « l'Allemagne ne demandait, elle aussi, « que le statu quo. Mais nous avions « besoin de l'argent français pour nos « armements, nos chemins de fer trans- « sibériens et transcaucasiens... » Pourquoi donc donnez- vous tout votre or à la Russie? Êtes- vous sûr que la Douma reconnaîtra toujours les dettes du Tsar? Nous avons aussi prêté 3 milliards aux Russes, mais nous avons conune garantie les provinces baltiques... Tandis que vous, quelles garanties?... Et l'Angleterre à quoi vous servira- 1- elle? A rien. Vous tirerez pour elle les marrons du feu...

— Il paraît que vous-même n'avez pas grande confiance non plus dans vos alliés?

— Il est vrai que presque tous les officiers prussiens ont la conviction qu'après une première défaite de l'armée allemande l'Autriche lâcherait pied, et aussi la Bavière et la Saxe. »

Mais voici un autre son de cloche. Je l'ai recueilli de la bouche d'un ancien officier qui a conservé des relations extrêmement nombreuses dans l'armée, et que sa situation actuelle met en rapports constants, aux quatre coins de l'Allemagne, avec ses anciens camarades.

<t En examinant, me dit- il l'état actuel du corps d'officiers allemaini^, H n'est pas douteux qu il ne réponde à tout ce qu'on attend de lui en cas de guerre et qu'il ne sache supporter des défaites sans laisser entamer son courage. L'ensemble est excellent, tnVs intflliçj^^nt, hardi ft fntreprenant, désireux de combattre dans untlutte idéale.

« Le corps d'officiers allemands ne cherche pas les coups pour le plaisir, mais

il se réjouirait d'une guerre. Celui qui pendant la crise marocaine aurait eu l'occasion de fréquenter les cercles d'officiers se serait rendu compte de la fureur avec laquelle l'officier allemand blâmait la patience de son gouvernement. Non pas qu'il dédaignât les forces de l'adversaire possible, estimées ici à leur pleine valeur, mais parce qu'il est persuadé que l'armée allemande est aujourd'hui en pleine possession de son énergie et de sa puissance, u

LES GRANDS CHEFS J'ai voulu m'informcf DE DEMAIN o o o o aussi des noms des chefs qui jouissent de la plus grande réputation mihtaire en Allemagne.

Ceux qui donneraient demain le plus de confiance à l'armée sont : le maréchal von der Goltz, commandant du I®'" corps d'armée à Kônigsberg ; le général von Bûlow, inspecteur d'armée ; le général von Bissing, à la suite du régiment des gardes du corps.

Parmi eux, le plus populaire et le généralissime probable serait le maréchal von der Goltz. C'est un homme de très haute taille, portant lunettes, savant et teinté de littérature, mais comme il a un caractère très enti.'i . l'Empereur ne l'aime pas beaucoup, non plus que le général von Hœsler, aujourd'hui en retraite.

Je m'enquis :

« M.ii> ne serait-ce pas l'Empereur ({111 prendrait la direction des armées ? N'a-t-il pas de grandes capacités militaires? »

Je ne nommerai pas celui qui me répondit : « On le dit bon colonel, ayant de l'œil et d»' l'autorité ; il ferait aussi un très bon capitaine de vaisseau, car il a \o goût de la marine et la compréhension de la mécanique, mais espérons qu'il ne se croit pas Son premier général. »

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