‹ L'Allemagne moderne [microform]; ouvrage illustré de [626] illustrations hors texte en couleurs et en noirChapitre 17 sur 164 · HÔTELS ET RESTAURANTS · texte numérisé non relu

HÔTELS ET RESTAURANTS

On mange à toute heure. - Aschinger, - Kaiserhof. — Bristol - Continental. — Adlon. - Le Jardin zoologique. — Hiérarchie des mangeurs. — Le Rheingold. — Archiuaure de Walhalla.

QUELQUE heure de la jour, née que vous entriez dans un étabhssement public berhnois, café, brasserie, restaurant, vous êtes sûr d'y trouver du monde.

le demande pourquoi on Voit tant de gens au restaurant dans ce pays où l'on vante si haut les vertus familiales et l'amour du Heim. On me répond par ce paradoxe :

« C'est par esprit de famille. Quand des parents demeurent dans des quartiers éloignés, la seule façon de se voir souvent est de se donner rendez-vous à la brasserie. Les hommes y viennent en sortant de l'atelier ou du bureau, les femmes les rejoignent — t3t cela fait une bonne soirée. »

Dans la Friedrichstrasse, sur 250 maisons, on compte plus de 250 entreprises de mangeaille ou de beuverie, hôtels, restaurants, brasseries ou marchands de victuailles. Certains immeubles, en effet, réunissent jusqu'à trois comptoirs de ce genre : un hôtel, un café et un BierlokaL !

Les rues avoisinantes pullulent "aussi de petits restaurants bon marché où vont manger les employés. J'en ai essayé, pour voir. La cuisine y est immangeable, neuf fois sur dix. Pas de serviette et pas d'assiette : il faut se contenter du gros plat de faïence ovale que le garçon vous sert sur la nappe rouge remphe de taches et de torche- doigts en papier de soie.

RESTAURANTS H existc à Bcrhu une ASCHINGER institution extrêmement

pratique pour les gens pressés et ceux qui ne sont pas riches : les restaurants Aschinger, boutiques plus ou moins grandes habillées de faïence bleue et blanche, qui se trouvent dans tous les quartiers, et où l'on sert pour deux ou trois sous des sandwiches au jambon, au poisson fumé, aux œufs, à la viande, au fromage, etc., des saucisses brûlantes avec des pommes de terre au vinaigre, et de la bière. Les chents, pour la plupart, mangent debout. Ils vont se faire servir eux-mêmes par des jeunes filles préposées aux vitrines, proprettes et rougeau des comme nos charcutières et nos crémières.

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LA LLE MAGNE MODERNE

Le monsieur qui créa cela était lils <riin petit cabaretier de Munich . aujuui\l hui, il fonde des restaurants à coups dv nui lions comme le monstrueux Hheingold.

dontjeparleraiplusloin.pt doshôtols ultramodernes.

Mais les modes changent à Berlin aussi vite qu'à New- York. Il n a quinze ans. il était chic d'aller manger un sandwich ou une saucisse chez Aschinger. Aujourd'hui, vous n'y voyez que les employés qui veulent dîner ou souper économiquement, ou des gens pressés qui préfèrent ne pas s'installer à une table.

On ne trouve pas, à Berhn, de ces centres d'élégance et de vie fastueuse comme il en abonde à Paris. La raison en est simple : il n'y a pas encore ici d'élégance ni de faste vrais. Tout le luxe qu'on y voit se centralise en quelques hôtels, comme le Kaiserhof, le Bristol, le Continental, l'hôtel Adlon, en deux ou trois restaurants des Linden et des abords, Hiller, Bor.hardt, qui sont l'équivalent de nos bons cabarets parisiens.

LE KAISERHOF Le Kaïscrhof, immeuble imposant qui donne sur quatre rues, l'hôtel Adlon, dernier bâti, ultra- moderne, inauguré autrefois par toute la famille impériale, et l'hôtel Bristol sont les lieux les plus animés de Berlin à l'heure des repas et du thé. Je suis descendu cette fois au Kaiserhof, situé au centre de la ville, dans le voisinage immédiat des ambassades et des ministères, admirablement organisé et tenu. On y voit lesétrangers riches ; les Berlinois dans le train y donnent des dîners et des bals tout l'hiver. Officiers à balafres, banquiers israélites et leurs femmes, ambassadeurs de passage, jeunes diplomates en mal d'héritières s'y mêlent avec les Yankees récemment débarqués. Des dames

russes ruissclK'iit de bijoux admirables; (ies Américaines élégantes, la tête couverte de plumes éncrmes et de voiles Oottants, les ganls r>'trousses jusqu'au euude, rient et parlent haut a lùte de leurs hommes graves, rasés et à lunettes.

Je m'intéresse beaucoup à ce spectacle ij\u di>t!.iit de In foule allemande coutunuure.

AUTRES RESTAURANTS A part CCUX-là, il

y a des restaurants de deuxième ordre célèbres à Berhn, comme celui <lu Zoologischer Garten et de l'Austellungspark, comme Trarbach, Zum Rudesheimer, Kaiserkeller, qui sont passables, mais qui ont un tel succès, — le graillonneux Kempinski surtout, — que je serais bien certain de me faire injurier en disant ce que j'en pense... Ici, les garçons vous jettent votre couvert sur la table comme dans les wagons- restaurants à l'approche des gares terminus; ils ne vous répondent pas, vous font perdre un temps infini. Vous êtes bousculé, serré autour d'une table, vous sixième, près de clients sans façon.

Tout autour, c'est un va-et-vient incessant de gens qui sortent ou arrivent:

femmes en trotteur de toile coiffées de casquettes blanches, jeunes gens aux panamas relevés, bambins blonds et gras, vieilles grand' mères édentées, à cheveiux blancs, provinciaux en tenue de voyage, jeunes filles vêtues de moussehne aux corsages très transparents qu'accompagnent frères ou fiancés. Le sans- gêne de tous ces gens ne se manifeste pas seulement par l'inélégance de leur mise, mais encore par le laisser- aller de leurs manières. Dominant le brouhaha de la salle et les sonorités de l'orchestre voisin, des éclats de voix, des rires retentissants, des gloussements

LA Fl^AUt Uh- liAVltKt. l.rlU' l;u-i- pliKt-, onu'-o tic jiii-<liiis ;mx vcrlfs iitliiusc.--. isL muIuuI loiu.n- <|iial)le pai' 1 :ir( liilccUirc des maisons (|ni l;i IxncicMil ol (|ui apparlionnonl loiilcs à larl i!(uivo;ni alloniand.

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LA PLACE BLÛCHER. — IJieii (juassez éloi<;ni'e du contre, celle place se relie aux Liuden pai^ la Friedrichslrassc ; elle esl siluée loul près du quarlier niililaire et du champ de man(r-tivres berlinois.

Planxhe 33.

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WANN-EE est un lac silué à une demi-heure de licrlin où vient se hai^'ner, i)endant les mois d et»-. I- populire de la capitale à (|ui les oocupalions ne pcrn-eUcnt pas d'aller juscju à la mer.

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