‹ L'Allemagne moderne [microform]; ouvrage illustré de [626] illustrations hors texte en couleurs et en noirChapitre 65 sur 164 · UN VILLAGE FRANÇAIS EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

UN VILLAGE FRANÇAIS EN ALLEMAGNE

Fnedrichsdorf. — Enseignes françaises. — Physionomies françaises. — Le pasteur Hakn raconte V histoire de la colonie. — La sottise de Louis XI V. — Exode de protestants français à la révocation de VËdit de Nantes. — Le landgrave Frédéric à la Jambe d'argent accueille avec empressement les réfugiés. — Il leur accorde des privilèges. — Persistance des coutumes françaises. — Prospérité du petit village d'artisans. — « Nous ne sommes pas des serfs In — Ce qu'il est devenu cent ans après sa fondation. — Sauvegarde donnée au village par les armées françaises pendant les guerres de la Révolution. — Rancunes contre le premier Empire et Napoléon. — Métissage franco-allemand. — Les mariages mixtes depuis 1840. — Les prêches se font dans les deux langues. — L'Allemand déborde. — Persistance de divers patois français. — Déformations allemandes. — La tournée du village. — Superstitions. — Le bassin des teinturiers. — Vestige des premiers réfugiés. — Le bourdon et la colombe. — Une visite au père Achard. — L'horloger Boutmy et le chef de pension Garnier. — Point de regrets de la patrie originelle. — Les enfants qui ne veulent plus parler français.

UAND on me demanda, durant mon séjour à Francfort :

« Avez-vous visité Friedrichsdorf, le village français, prés de Hombourg ? »

je sentis palpiter la petite flamme de l'explorateur qui sommeille en moi.

Et je n'eus de cesse que lorsque je fus exactement fixé sur les moyens de m'y rendre. Ce n'est pas bien compliqué. On va d'abord à Hombourg, la jolie station d'été où les Anglais et les Américains viennent jouer au golf, où l'Empereur, qui y possède un château, — comme partout, — passe quelques jours à son retour de croisière et reçoit ses oncles après les brouilles. De Hombourg une voiture vous mène en une demi-heure à Friedrichsdorf.

En arrivant dans le village, j'apprends que le général Trochu et le marquis de Noailles le visitèrent ensemble en 1880, et que Michelet y vint aussi. Je vais frapper à la porte du pasteur. Chemin faisant, je note des noms inscrits sur les enseignes : Rousselet, Privât, Boutmy. Dans la rue principale, qui monte un peu, s'alignent, de chaque côté, des maisons basses avec de petites fenêtres à contrevents blancs dont les vitres semblent faites pour des poupées. Je regarde aussi les figures. Est-ce une suggestion? Elles ne sont pas allemandes.

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