‹ L'Allemagne moderne [microform]; ouvrage illustré de [626] illustrations hors texte en couleurs et en noirChapitre 67 sur 164 · ET LES RAISONS DE SA PROSPERITE · texte numérisé non relu

ET LES RAISONS DE SA PROSPERITE

Le bilan de V industrie chimique allemande en 1906. — L'Angleterre désormais dépassée. — Diverses catégories de produits. — La synthèse des fleurs. — 40.000 kilos de jasmin pour un kilogramme d:' essence. — L'Allemagne guérit toutes les migraines d'Europe et d'Amérique. — Elle fournil les cinq sixièmes des teintures employées dans le monde entier. — Les principales usines. — Les cartels. — Visite à Hœchstet à Mainkur. — Une forêt de tuyaux et de courroies. — Ouvriers gantés aux couleurs du prisme. — Tas de sels roses et collines de glace. — Odeurs suaves et empoisonnées. — La lutte contre V indigo. — Laboratoires. — Stations bactériologiques. — Ateliers des corps de métiers. — Service en cas d'incendie. — Ordre parfait. — Œuvres auxiliaires : maisons ouvrières, repas à prix réduits, casino pour employés, salles de bains et de massage, magasin coopératif, bibliothèque, village de retraite, etc. — Dividendes de 10 à 20 p. 100. — Vopinion du professeur Fischer. — Génie d!' organisation des Prussiens, ordre et persévérance. — La spécialisation. — Solidarité des savants et des industriels. — La supériorité des Allemands vient non de la méthode, mais de la liberté des études. — Laboratoires fermés aux étudiants en France et en Angleterre. — Multiplication des laboratoires ouverts en Allemagne. — Subventions gouvernementales. — Industrie chimique allemande en avance de soixante ans sur la nôtre. — Les laboratoires du professeur Fischer à Berlin. — Perfection de r installation. —Salubrité. — Laboratoires d: élèves, d^ assistants, de professeurs. — Professeurs, inventeurs et hommes d'affaires. — Liebermann et Valizarine. — Knorr et Vantipyrine. — Le triomphe indiscutable du Prussien sur C Anglais et le Français dans « V organisation des usines r>.

ous voici devant l'une des sources colossales de la fortune de rAllemagne.

Un milliard 600 millions de produits annuels, près de 700 millions d'exportations, 9.000 usines, 200.000 ouvriers, 260 millions de salaires, tel fut à peu près le bilan global de l'industrie chimique allemande en une de ces dernières années.

Si l'on songe que son définitif essor date de trente- cinq ans, on reste ébloui devant un tel résultat. A cette époque, l'Angleterre était maîtresse du marché des sels et des alcalis ; et, pour la fabrica-

tion des matières colorantes tirées de la distillation du goudron de houille, elle avait une avance considérable sur l'Allemagne. C'est en 1856 que l'Anglais Perkin avait, le premier, extrait du goudron la fameuse mauvéine, et l'Allemagne, ne possédant alors que très peu d'usines à gaz, il lui fallait bien aller acheter son goudron en Angleterre. L'Allemand ne se résigna pas à rester ainsi tributaire de son voisin. Il y a vingt-sept ans, en 1886, il avait déjà créé 4.000 usines, employait 78.000 ouvriers et leur payait 61 millions de salaires. Aujourd'hui, c'est l'Allemagne qui sans conteste tient la tête non seulement pour la fabrication des colorants, mais aussi pour celle des produits chi-

I iMJi Mtnbicr Luciu> et t*ruiiill^, Mot-chst ut La>.>eil.i, l-raii.iun.

LA SOUDURE DES AMPOULES do sérum se fal»iii|iu' chaque jour |iar milliois. En bas. lun des nombreux laljoratoires de la maison Cassella à Maiukur, uuie eu karlel avec l'usine de iloechsl.

Plamchb 141.

LA SOUDUKli DKS AMFOULKS u" -.iTum se liiiirnuif ili.i(|iu' jum |i;ir iiiiiiii-i'>. |-,ii i..i>.. j ini iU'-> iiiiini'ri'u\ l.ilioi-.ildu IN lie 1.1 iiLii-dii ( !;i->-,cll.i à M.iiiikiir. unie m kjlU'l ;i\ci' l'ii>iiu' dr lliu rlisl.

I'lANCHE 141-

CiM.I, S.-M-.l ,1,.- V

LE VILLAGE FRANÇAIS a pour pastour M. Ilahn en haut à gaiiclie , d'origine suisse coinm.- lous ses

()rétl»''cesseurs. En bas. la plus ancienne maison «lu villa;;e.

Plakchb 143.

LES QUELQUES PETITS FRANÇAIS réunis i-ii liaul oui vraiment conservé mal,. -.emenls le type

(le noln> nue. cl la ijraudc nu> du \illa-e avec son é-lisc ne «lilTère point d'aspect ave<- celles de no- bourgs.

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I.EVILLAGK FRANÇAIS ..| • ,,..>l.m M. Il.,|,„ ..„ |,,,„| ;, ;,Mn.|,.. . .1 .„ ,^M„r M.is^.. .•,.,......• 1.,,,^ s..

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I.ES OUF:1-OUES petits F"KANÇAIS i.'iiiii- .-n li;iul . lll \i:iiiiu'iil ronsfiM- m.iluiv 1,-- crois. iik'mI^ !.• t\ j..' ,i,. „..lr.- r.HT. .■! Il -iMii.l.' 111. '.lu mII.iu.- .iv'''' -"M .'-li--' tu- .lillV'iv |...ml iT^-siM-rt a\.-r .tII.'- <1r il- i..>in-<.

l'i *>. III- 14J

1 !<■ I. .V.t'i'<ttt:> i.l«i<i>>«t b'bliiiK. kt'

A L USINE DE PRODUITS CHIMIQUES DE HOECHST (prés Francfort) se Irouvenl une station baclériologi<iue et une fabrique de sérums. tji haut le ilaconnage du sérum et, en bas, l'emballage des llacons.

Plakchk 144-

LALLE MAGNE MODERNE

■HiilllliilHi

i kOL*UrrS CHIMIÇUES de HOECHSI (prcs Kranctort) sr i n'hI mim -iiii .i,

1,,. r ,1, , ,,w ,i, ~, iiri,~ I n II Mil I,- 11... ..i.ii.i'' 'lu •>''•! uni il. l'ii lii», 1 fiiih;ill:iL;r <!<•>< Il-K'ous.

Planche ui

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miques et pharmaceutiques, et cela malgré sa pauvreté en matières premières.

L'industrie chimique comprend plusieurs catégories de produits, dont les plus importants sont : les acides, les alcalis, les engrais, les matières colorantes obtenues par la distillation du goudron de houille, les produits pharmaceutiques, la synthèse des principes odorants des fleurs et des poisons, et la concentration par voie chimique des substances alimentaires. Ces deux dernières catégories sont en retard sur les autres. Les recherches sur les parfums, poursuivies par la maison Heine (de Leipzig), entre autres, malgré de beaux résultats, tels que la synthèse du jasmin, de la violette, du lilas, de l'héliotrope, du santal, de Tylangylang, de la vanille, de la cannelle, de la menthe et des éthers de fruits, rhum, cassis, orange, citron, n'ont pas abouti encore à la synthèse de la rose, ni du réséda, ni d'une foule d'autres parfums. Pour la rose on y est presque. Il faut un odorat bien subtil pour faire une différence entre l'essence naturelle et la synthèse. Mais il existe encore autour de Leipzig des champs immenses de roses de Provence dont on retire les huiles essentielles pour la fabrication de l'essence de rose. Pensez qu'il faut 6.000 kilos de roses pour obtenir un kilogramme d'essence ! Le jasmin est encore plus avare : il faut 40.000 kilos de fleurs pour un kilogramme d'essence. Vous voyez l'intérêt qu'il y a à obtenir ces synthèses et à se passer ainsi des fleurs de Dieu.

Si vous voulez avoir une idée de l'importance de la grosse industrie, apprenez, par exemple, que l'on produit annuellement ici 1 million de tonnes (un milliard de kilos !) d'acide sulfurique et 500.000 tonnes de soude. Quant aux

produits pharmaceutiques, l'Allemagne expédie chaque année, à l'usage des migraines et des fièvres de toute l'Europe et de l'Amérique, environ pour 14 millions de quinine, et autant d'antipyrine et d'antifébrine I Les couleurs, les acides, les engrais sont exportés pour 700 millions de francs en Europe, en Asie, en Amérique. On peut dire que l'Allemagne fournit aujourd'hui les cinq sixièmes des teintures employées dans le monde entier.

Les usines les plus considérables de l'Allemagne sont celles de Frédéric Bayer^ à Elberfeld ; de Badische Anilin et Soda Fabrik, à Ludwigshafen, sur le Rhin, où fut découverte la synthèse de l'indigo, l'alizarine (garance), le chlore liquide, etc. ; de Meister Luciiis et Bruning, à Hœchst, sur le Mein, et Cassella^ à Mainkur, près Francfort.

Les trois premières se sont unies par un cartel, ainsi que les deux dernières.

J'ai visité Hœchst et Mainkur. Celle-ci (Cassella et C^^) compte 2.000 ouvriers, et l'usine de Hœchst en a 5.000, plus 1.000 employés.

A Mainkur on fabriquait plus de colorants, à Hœchst plus de produits chimiques. Les deux maisons se concurrençaient en vain. Un jour elles trouvèrent plus intelligent de confondre leurs intérêts en augmentant leurs bénéfices. En effet, les frais généraux de voyageurs, de publicité, diminuent de moitié ; les achats de matières premières nécessaires aux deux entreprises peuvent se faire par plus grandes quantités, donc à meilleur compte; enfin, les acides, les sels, qui servent dans la fabrication des couleurs à Mainkur, sont fournis par Hœchst, qui les produit en quantités énormes. D'où bénéfice encore.

Il existe en Allemagne une quarantaine

de cartels semblables dans l'industrie chimique.

Mainkur a des succursales à Lvon et à

Riga. Hœchst a aussi des filiales à Creil, à Moscou, à Augsbourg et à Milan.

VISITE „ o L'entrée des usines de pro- D'UNZ USINE (Juits chimiques allemandes est sévèrement défendue, car il suffirait d'un œil un peu exercé pour découvrir dans le laboratoire les traces d'une recherche, et dans l'usine les procédés de fabrication. On admet donc exceptionnellement que les visiteurs sûrs, les ignares pour dire le mot : je fus de ceux-là ! Et malgré ce crédit fait à mon ignorance, on m'infligea une promenade échevelée qui dura cinq heures à travers les 137 hectares de Hœchst et autant parmi les ateliers et laboratoires de Mainkur.

En passant vite on n'a le temps de rien observer en détail, et c'est un cerf qui conduit les visiteurs. Je me souviens seulement de forêts de tuyaux, d'arbres de fer horizontaux et verticaux, de bras, de balanciers et de pistons, un entremêlement de poulies, de courroies, de cylindres et de roues, où pourrait à peine se reconnaître le génie descriptif d'un Paul AildFn. J'ai vu des tas de boue jaune et rouge, qui t'tuient du bicliruinat»' de ])utasse ; des flaques de sang comme dans les abattoirs, qui étaient des sulfures de mercure ; d'immenses bassins où séchait un liquide ' i.iijpîir do fpii qui dpviendra de la fJHudrn vt rt bU'ijtt-, »'t ilriutros bassins à retlets rouges ou je trempe un papier qui devient bleu ; fjps quantités incroyables de barils remplis de poussières sombres semblables y <k' la terre ou à de la cendre et qui se muent .>!ir K'S dfji^'ts en bleus d'azur, f-ri mauves, en [M.urpres. Tenez, cet écarlate servira a teindre le velours des traînes de

cour, ce bleu est le bleu de ciel infiniment pur des rubans des jeunes filles, ce jaune et ce violet iront colorer les casaques des mandarins de Chine.

Tous les ouvriers qu'on rencontre — ils sont des milliers dans les deux usines — sont gantés de couleurs charmantes ; si on les alignait, leurs mains assemblées seraient des prismes parfaits, depuis le rouge jusqu'au violet. Je fais moi-même Texpérience en trempant mes doigts dans les barils, et il me faut vite aller au laboratoire pour procéder à un lavage chimique : on plonge d'abord sa main dans un bain d'acide sulfurique à 10 p. 100, puis dans un autre bain de permanganate de potasse qui vous fait des gants bruns, puis dans le bisulfite de soude qui achève le nettoyage.

« Est-il possible que tout cela soit fait avec du goudron ! Ce bleu si joli, ce jaune d'or...

— Ce bleu s'appelle bleu méthylène ou diéthylditoliithionine ; quant au jaune d'or, son nom exact est : 1 ,5 naphtylènediaminedisidjocidedisazo-phcnctoL Cela dit tout.

— N'en parlons plus. »

D'énormes tas de sel rosé, des coUmes de glace brisée s'érigent dans tous les coins, car il se fait dans cette industrie une consommation colossale de glace, la briquée dans une immense glacière voisine (à Hœchst, on en fait 300.000 kilos par jnur, si jp np me trompe).

De larges tours rondes de ionte s'élèvent du sril (los han^jars jusqu'au troisième ptaLTp »'ti traversant les planchers. Elles peuvent runtenir ♦).()< if) kilos de poudres colorantes. Au bas, une porte s'ouvre découpée dans la paroi du eylindre, et c'est par là que s'enif)lisserit les barils fxpt'liés cnaqup jour dans tous les pays du niondp. Sur chaqup baril qui sort, un ouvrier prélève un petit llacon d'échan-

tillon où se trouvent un numéro et une date, et, si des observations se produisent sur la qualité de la marchandise, il sera facile, en se reportant à l'échantillon, de se rendre compte de la légitimité de la réclamation.

Les odeurs les plus variées montaient des cuves comme d'immenses cassolettes nauséabondes. J'interrogeai mon guide:

« Cette odeur exaspérée de sueur humaine, qu'est-ce ?

— Je ne la sens plus, mais ce doit être de l'ammoniaque. »

Une senteur sourde, entêtante, empoisonnée, mortelle, me fit battre les tempes :

« Les pyridines, les pyridines, » disait le chimiste.

Ce joli mot chantait dans ma cervelle feutrée par un indicible malaise, quand soudain, au détour d'un hangar, une suavité me monta aux narines. Je humais l'air avec délice, essayant de me rappeler le nom de cette odeur par la suggestion physique du parfum.

Alors, comme je m'attardais dans le sillage parfumé, tel un épagneul cherchant une piste, mon guide, marchant toujours de son pas intrépide, me dit :

« Nitro-benzine, huile de mirbane, amandes amères...

— Amandes amères... c'est cela ! Frangipane ! »

Mais bientôt, hélas ! de nouveaux miasmes vinrent en s'abattant chasser mon évocation voluptueuse.

Dans une cour j'aperçois d'immenses pièces d'étofîe bleue étendues sur le sol. Je demande ce que c'est :

« Cela vous représente des années d'une lutte terrible — à peu près terminée — contre l'indigo ! 11 y a quinze ans nous importions encore pour 2G millions d'indigo naturel par an. Aujourd'hui nous expor-

tons pour plus de 30 millions d'indigo synthétique dans toute l'Europe, l'Asie et l'Amérique. Et ce n'est que le commencement, car ceci est encore une expérience. Nous laissons ces pièces de 20 mètres de calicot exposées pendant des semaines à la pluie et au soleil, et nous observons celles qui se comportent le mieux, car chacune de ces pièces est teinte dans un mélange chimiquement différent, et certaines avec l'indigo.naturel.

« Cette découverte a ruiné une partie du coitîmerce de l'Inde, d'où sortaient chaque année 80 millions de francs d'indigo.

C'est que dans tous les pays orientaux, l'Egypte, la Chine, le Japon, le bleu domine. Aussi la synthèse n'a pas fait plaisir aux Anglais. Ils ont lutté, et luttent même encore, mais ils sont vaincus. »

A Hœchst, lOOchimistes travaillent toute l'année àla recherche de produits nouveaux. On me fait passer au galop à travers quelques laboratoires centraux, si rapidement même qu'à peine ai-je le temps d'en entrevoir l'installation pratique, les balances, les autoclaves, les filtres, les presses, les monte-jus, les cornues et la distribution de la force : électricité, gaz, force hydraulique, force pneumatique, le tout produit à l'usine même. L'opérateur n'a qu'à ouvrir un robinet placé devant lui pour avoir une pression énorme d'atmosphères. Une centaine de laboratoires de recherches se font suite à travers les corridors et autour des laboratoires centraux. Les portes en sont fermées, aucun bruit n'en sort, et l'on se croirait dans un cloître studieux, si de lointaines rumeurs de machines ne vous rejetaient dans la réalitp. Nous allons du même pas éperdu vers la station bactériologique et la fabrique des sérums ; c'est là que Koch et Behring

apportèrent les îeui>. De là, vers les produits pharmaceutiques : l'antipyrine de Knorr est fabriquée ici. On en voit de pleins wagons, à côté de pyramides de benzo-naphtol, de lysoforme, de salicylate et de mille autres médicaments ; voici la chambre rouge où sont déposés tous les sels d'argent, sensibles à la lumière.

Nous marchons, nous courons toujours.

Je traverse de vastes ateliers où s'exercent tous les corps de métiers : charpentiers, menuisiers, serruriers, forgerons, car c'est à Hœchst que tout se fait, les réparations de machines et les charpentes, et les boiseries de ses constructions ; il y a même un souffleur de verre pour réparer les appareils des laboratoires !

Partout une propreté exemplaire et nul autre bruit que celui des machines en mouvement, au sein desquelles s'élaborent les mystères des combinaisons.

On me fait admirer l'ordre prévu en cas d'incendie. Il est, en effet, remarquable. Dans chaque coin de l'usine, sur chaque palier, se trouve inscrit le nom d'un ouvrier ; c'est là qu'il doit venir au premier coup de sifflet qui annoncera le sinistre. Il y restera en attendant les ordres que les ingénieurs, les chefs d'atelier, dont les attributions sont rigoureusement réglées, lui apporteront. L'expérience en est faite devant moi. A un coup de sifflet, un ouvrier apparaît sur le palier où nous nous trouvons. On lui demande son nom : c'est celui qui est inscrit sur le mur.

HABITATIONS OUVRIÈRES o

La prospérité subite et invraisemblable de l'industrie chimique, le besoin de retenir les ouvriers formés incitèrent les sociétés industrielles à développer leur bien-être. Il n'est guère, d'ailleurs, d'usine un peu importante en Allemagne qui n'ait aujour-

• i'iini ses «œuvres [»}iiI;)nt}iropiques)). A H'i'hst, on a constniif des habitations ouvrières, où les travailleurs payent 20, 25 ou 30 marks par mois (25, 31 ou 37 fr. 50). Les salaires varient naturellement suivant les capacités. En moyenne^ ils se montent à 4 fr. 50 par jour; les jeunes garçons de seize à dix-sept ans gagnent 2 fr. 50, les femmes, 1 fr. 75 ou 2 francs. Un restaurant est ouvert aux ouvriers : pour 20 pfennigs (25 centimes) ils ont le repas de midi, c'est-à-dire un litre de soupe de légumes, 125 grammes de viande et un litre de café-chicorée dont ils conservent une partie pour la collation de quatre heures. Pour couvrir les dépenses de ce réfectoire, et comme les sommes payées par les ouvriers n'y suffisent pas, l'administration de l'usine ajoute 10 centimes par repas et supporte les frais de personnel, de matériel, etc.

Les employés ont leur « casino», c'est-àdire un endroit de réunion, avec salle de jeu, salle de bal et de théâtre, qu'on leur prête même gratuitement quand ils se marient. Au restaurant qui leur est affecté, ils peuvent dîner pour 1 fr. 25 et même pour 40 pfennigs. L'usine ajoute 30 centimes à chaque repas pour les frais généraux.

Les chimistes, les ingénieurs ont des bains et des salles de massage, les femmes une maison d'accouchement avec service hydrothérapique. Pour les ouvriers, il a été créé cinq cents cabines de douches avec savon et linge gratuits, divisées par quartiers, selon les couleurs : quartier de l'alizarine (rouge), quartier vert, quartier bleu, quartier violet, etc.

Il est interdit aux ouvriers du bleu de se doucher chez les jaunes, et réciproquement. La nécessité pour les ouvriers de se spécialiser dans ces différentes coulem's a été

Plint. Mfistcr Luciiis tl t.iiirin^', Uc-ecli^t

A nuECHST, Uns di' la luisi' en Ij.uiis dos nuilii'ics jjoudrciiscs, les ouvriers sont ;i l'iil)ri de la poussière enlevée par un tirage d'air en haut). En bas, le transport de la rouille par un aimant mobile.

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